Parcours initiatique

Le raton laveur, Procyon lotor

The racoon

 

Sincèrement merci à Julien Bechereau de m’avoir permis, lui et ses amis québecquois de trouver les photos permettant d'illustrer cette espèce. Même si la présence du raton laveur est aujourd’hui accidentelle, sa progression sur le sol français est quant à elle, bien réelle.

Les régions de l’Aisne, la Marne, l’Oise abritent aujourd'hui, le foyer le plus important.

Cet animal souffre d’une assez mauvaise réputation en Amérique du nord. Poubelles bruyamment renversées, poulaillers visités, gazon labourés, occupation des greniers, câbles électriques mâchés font partie des nombreux faits qui lui sont reprochés. Aussi des mesures ont été prises immédiatement en France pour enrayer sa propagation mais en vain. Le raton étant discret de nature, ses dégâts s’apprécient généralement au petit jour en découvrant ses empreintes.

 

Si l’impression du pied est bonne, la trace du raton laveur, assez typique ne pose pas de gros problèmes d'identification. On trouvera cette dernière le long d’un cours d’eau, d’un lac, d’une roselière. Le procyonidé passe sa journée à l’abri d’une cavité et se rend sur ses zones de gagnage à la nuit tombée en utilisant son réseau de coulées bien dessinées. Sa présence sera confirmée par différents indices trouvés sur le terrain : empreintes, terre grattée, latrines, traces de griffes sur les arbres.

 

PA : ressemble à une petite main humaine aux extrémités bulbeuses, comme pour la plupart des procyonidés les griffes ne sont pas rétractiles et apparaissent dans l’empreinte. Toutefois cette impression n’est pas systématique et dépend de la nature du substrat. Cette main est équipée de cinq doigts, le plus court, assez semblable à notre pouce est dirigé vers le centre de la voie. Ce doigt s’attachant plus bas, il renforce l'asymétrie de l’empreinte et il est alors assez facile de distinguer le PP du PA. L'arrière de la paume de la main est concave.

 

PP: l’essentiel de la masse du plantigrade étant réparti à l’arrière du corps, le pied postérieur a tendance à marquer plus fermement  le substrat. Le talon marque souvent, ce qui accentue la longueur de l’empreinte, mais son impression n’est pas systématique. Le PP présente lui aussi de 5 doigts mais ces derniers sont sensiblement plus courts et moins écartés que ceux du PA. Le doigt 1 (notre gros orteil), localisé à l’intérieur du pied est le doigt le plus court. Les traces de griffes sont aussi visibles sur l'empreinte du PP.

 

Voie : le raton utilise très peu le trot, ses allures favorites sont la marche et le bond (galop)

Les empreintes lors de la marche se groupe deux par deux, conférant à la piste une disposition tout à fait particulière. Ce duo d’empreinte est composé d’une empreinte de patte avant associée avec celle d’une patte arrière mais du côté opposé! La foulée mesure entre 20 et 35 centimètres pour une largeur de voie de 10 centimètres environ.

Des traces de jeunes individus peuvent être rencontrées entre avril et juin, l'empreinte du pied avant mesure 4, 5 cm de large.

 

 

 

Empreinte de raton laveur

Le duo d'empreintes du procyonidé ( photo : @Morri. H Quebec)

En bas : pied avant gauche ; en haut : pied arrière droit

Dimensions d'un individu de belle taille :

PA : (L)  6,9 x ( l ) 7,5 cm

PP : (L) 7,9 x ( l ) 7,7 cm

 

Piste de raton

 

Piste du raton laveur ( photo : @ R.T Quebec)

dans son habitat privilégié.

 

Retouchee

Le raton laveur amble lors de la marche.

Sur ce shéma le pied avant droit et arrière droit avance simultanément

Les pieds avant gauche et arrière droit

s'impriment l'un à côté de l'autre (dans le cercle)

donnant cette piste si carctéristique

 

PA droit

La partie arrière du PA

est concave

L'empreinte  est presque humaine

 

Impression raton laveur

Jeune individu

A gauche PA ; à doite PP

Dimensions

PA : (L) 4 x (l) 4,9 cm

PP : (L) 6 x (l) 5 cm

 

L' oie cendrée, Anser anser

The Greylag Goose

 

L’oie cendrée est une espèce phare des grands lacs de Champagne. C'est un oiseau principalement herbivore dont les traces sont parfois visibles aux abords des zones de nourrissage : prairies inondées, terres cultivées, réservoirs artificiels. De nature grégaire, on la rencontre au sein de groupes familiaux ou de bandes très importantes. C'est un oiseau "qui aime voir" et qui a tendance à bouder les petites étendues d'eau au profit de larges plans d'eau plus sécuritaires. Une sensible disparité de taille existe entre les deux sexes : le mâle légèrement plus grand que la femelle. L'oie cendrée est la plus grande des oies grises du genre Anser. 

 

 

L'empreinte de l'oie cendrée.

Angle des doigts 2 et 4 : 85 degrés

 

La voie de l'oiseau.

Foulée mesurée : 34 cm

Les pieds s'inclinent selon un angle de 45 degrés vers le centre de la voie.

 

Les pattes d'un individu naturalisé.

Souce : Musée d' Histoire Naturelle de Troyes.

 

Les grands réservoirs, vidangés en automne attirent l'oiseau qui vient volontiers pâturer

 les vasières enherbées.

 

 

Moulage de l'empreinte.

Des doigts larges qui s'impriment profondément.

 

 

La buse variable, Buteo buteo.

 Common Buzzard.

 

C’est en errant à travers les étendues englouties par les excès pluviométriques du printemps, que je surprends dame Buteo procédant à ses ablutions. Ne s'offrant qu'un court instant à mon regard, elle regagne en quelques coups d’ailes lents mais vigoureux des espaces plus paisibles. Légitimement, je pense donc pouvoir découvrir les traces de l’oiseau sur le sol détrempé. Mais stupeur, une page vide ! … Une nouvelle déception à ajouter à une longue liste. La terre, rassasiée au plus haut point, n’a pu permettre l’inscription du passage de l’oiseau. Pourtant, à l’aide d’une attention et d’une lumière soutenues, je relève enfin, sommeillant au fond de l'eau, les empreintes de la buse variable.

Oiseau des paysages profonds qu’elle ne délaisse qu’à l’époque de la nidification, la buse mène une existence plutôt paisible : tantôt aspirée par les courants thermiques ou engagée dans une chasse à pied, tantôt résignée, figée sur sa stèle, dans l’attente d’un repas facile. Chaque jour apporte son menu : campagnol ventru, grillon ou taupe désorientés, bête avariée, lombrics le composent en grande partie.

Certes, la buse peut se charger de capturer de grosses proies, mais ses capacités n’ont jamais intéressées fauconniers et autoursiers. On lui préfère d’autres oiseaux de proie comme l’aigle, l’autour, le faucon, l’épervier ou même sa consœur américaine du genre Buteo, la buse à queue rousse. Cette dernière serait beaucoup plus enthousiasmée par la poursuite. Pourtant, l’oiseau affamé peut se montrer terrible lorsqu’il s’agit de mettre de l’ordre autour d’une carcasse et des démonstrations de force ont parfois été observées à l’égard d’oiseaux pourtant redoutables comme l’autour des palombes ou même le héron. 

C’est souvent au hasard qu’on découvrira ses empreintes, au bord d’un point d’eau ou près de restes disputés d’un animal faible ou blessé venu mourir dans la neige. D’autres traces se joindront aux siennes : corneilles, pies, hérons et même quelques carnivores, attirés eux aussi par le banquet. L’occasion rêvée d’étudier leurs diverses interactions, pour celui qui appréçie l' enseignement parfois confus de la nature.

L'empreinte du rapace est puissante et fortement asymétrique et les doigts 3 et 4 en partie réunis à la base. Les serres de ces deux derniers doigts sont les plus longues. Celle du doigt extérieur (4) est la plus petite. Trait commun à la plupart des rapaces les doigts sont garnis de tubercules renforçant le maintien de la proie lors des activités de nourrissage ou de prédation. Ces "coussinets" forment de profondes cuvettes dans l'empreinte. Sur sol dur, les serres sont bien détachées et marquent loin devant l'empreinte. Afin de renforcer encore l’adhérence, le dessous des doigts est couvert de spicules (petites protubérances), qui peuvent figurer dans l’empreinte lors d’une bonne impression.

Voie : les empreintes couvrent en partie la ligne médiane. L’ensemble du pied reste orienté vers l’avant, ou très légèrement vers l’extérieur de la voie.

 

 

Empreintes de buse variable

Empreintes de l'oiseau venu se laver dans un champs inondé.

 

Buse variable

L'eau est encore troublée par le passage du rapace.

Foulée : 34 cm

Largeur de voie 8 cm

 

Empreinte de buse

Les doigts 3 et 4 sont soudés en partie à la base.

La serre du doigt 4 est la plus petite.

Dimensions : (L) 9,6 x (l) 6,6 cm (serres incluses).

 

 

 

Patte de buse variable

L'équipement du fantassin :

les doigts puissants et courts des rapaces capturant leurs proies au sol.

 

Buse silhouette

Au sol, la buse ressemble un peu à un vautour

 lorsqu’elle sautille d’un pied sur l’autre.

Il ne lui faut pourtant que quelques

enjambées pour atteindre sa proie.

 

Fenaison

Il est possible d'assister à des regroupements

parfois importants de buses et de milans,

dans certains prés, lors de la fenaison.

Surtout lors du ramassage des andains*,

lorsque la machine expulse les campagnols 

des lignes de fourrage.

 

Indices de buse variable

Les bales de paille fournissent à l’oiseau

 d’excellents postes d’affût.

A contrôler après la moisson. 

 

Pelote de réjection.

Pelote de réjection de buse variable.

Très compactes, elles renferment peu d'éléments osseux.

La formet les dimensions de ces pelotes peuvent varier.

Celle-ci est composée principalement de poils de 

micromammifères et de fragments d'insecte.

 

Quelques dimensions relevées dans l'empreinte : 

 

 

Doigt 1 sans griffe : 3 cm                                                                     avec griffe : 4,5 cm

Doigt 2 sans griffe : 2,8 cm                                                                  avec griffe : 4 cm

Doigt 3 sans griffe : 3,6 cm                                                                  avec griffe : 4,9 cm

Doigt 4  sans griffe : 2,9 cm                                                                 avec griffe : 3,9 cm

 

 

 

Le rat musqué, Ondatra zibethicus

The muskrat

 

En créant ce site, je pensais pouvoir trouver facilement les traces de ce rongeur assez répandu. Les découvrir, ne devait être, selon moi, qu'une simple formalité. Pour diverses raisons, cette recherche se montra plus ingrate que je ne l’imaginais. Dans mon « quelque part », rats musqués et ragondins occupent plus ou moins les mêmes milieux. Leurs empreintes ne sont pas toujours faciles à déterminer. Autre difficulté, même si le rongeur est connu pour ses excursions occasionnelles dans certaines cultures, il remonte assez peu sur les berges. Lit du ruisseau, zones d’atterrissement, sont des endroits d'où il tire facilement sa pitance. Ainsi, sauf dans quelques situations particulières : couche de neige sur un étang gelé, étang mis en assec, les traces laissées par le rongeur ne sont pas Légion.

Quel pourrait être l’habitat idéal pour le rat-musqué ? Probablement un milieu aquatique dont l’écoulement serait régulier, et dont les berges seraient richement pourvues en végétation. L’animal redoute ces crues qui balaient ses huttes et inondent ses terriers, ainsi que ces grands froids qui figent l’eau en profondeur.

Quelle serait maintenant la meilleure époque pour se familiariser avec ses indices ? Sans hésiter : de mai à juin, période durant laquelle il s'exibe même en plein jour. C’est en effet à cette époque qu’on l’observe fréquemment ondoyer le long du ruisseau, poussant devant lui, une imposante cargaison végétale. 

Par son mode de vie le rat musqué rappelle souvent le castor, dont il usurpe aujourd'hui les niches écologiques. Son empreinte est conforme à la disposition classique des rongeurs, à savoir une impression en forme d'étoile ainsi qu'une grande disparité de taille entre les pieds antérieurs et postérieurs. Terrassier dans l'âme, le rongeur possède des griffes très développées qui s'impriment nettement dans l'empreinte. D'ailleurs quand il ne charrie pas des végétaux, il creuse dans le lit du ruisseau, jusqu'à disparaître dans un nuage de vase.

PA : 5 doigts. Le pouce, minuscule, phagocyté par la main, est à peine perceptible dans l'empreinte. Les griffes sont particulièrement longues, surtout celle du doigt 3 qui atteint presque 1 cm. Pelotes interdigitales noyées dans une masse confuse. La main présente au niveau du poignet 2 pelotes carpiennes de grande taille (l'une est plus basse que l'autre). Une ligne de poils natatoires est présente sur la bordure extérieure du doigt 5. 

PP : 4 doigts. Les griffes sont encore plus longues que sur le pied antérieur (1 cm). La longueur du pied, talon compris, peut atteindre 7 cm. Une frange de poils natatoires ceinture chaque doigt et se prolonge jusqu'au talon. Ces poils sont nettement plus developpés sur la face interne du pied. Présence de 4 pelotes interdigitales très peu saillantes. Le pied présente, sur sa face interne, une pelote de grande taille qui s'étire frontalement. L'ensemble du pied, des doigts, semblent se courber naturellement vers l'intérieur. 

Voie : Lors de la marche le PP, s'imprime vers l'intérieur et se pose légèrement en retrait du PA. Il est rare que ce dernier s'imprime en totalité. Dans la neige, des trainées peuvent être créées par les pattes et la queue. Son allure naturelle est la marche, bond et galop sont généralement réservés à la fuite. Lors d'une marche rapide, le pied postérieur peut venir s'imprimer en avant de l'antérieur. 

 

Empreintes 1

Quelques impressions partielles sur le bord d'un canal.

 

Empreinte 2

L'examen approfondi de l'empreinte révèle une sorte de liseré autour des doigts,

ce dernier est formé par l'impression des poils natatoires.

 

Voie du rat musqué

Foulée : 25 cm

Largeur de voie : 7,5 cm

Coulée de rat musqué

Coulée qui remonte vers le terrier

 

Details

Le duo PP-PA

 

PP rat musqué

La patte postérieure du rongeur.

 

Rat musqué au pas

La queue, aplatie latéralement comme une anguille,

marque parfois  le substrat d'un sillon étroit.

 Ce dernier apparaît entre les empreintes ou sur le côté de la voie.

 

 

Impression rat-musqué

Impression : PA à gauche, PP à droite

PA = (L) 2,9 x (l) 2,8 cm

PP = (L) 5 x (l) 3,76 cm

 

 

Poils

Détail de la frange de poils, faisant office de palmure.

 

Hutte de rat musqué

Hutte de rat musqué.

Dans les grandes roselières, le rongeur préfère l'édification de huttes au creusement des terriers. Ces dernières peuvent dépasser d'un mètre le niveau de l'eau et sont généralement établies dans des zones peu profondes. Roseaux et de phragmites les composent presque essentiellement, ce qui permet de les différencier de celles construites par les castors, élaborées elles, avec des matériaux ligneux. Elles sont  bien souvent arrimées à des souches flottantes ou des plateformes de bois pourrissant. Les issues, la plupart du temps sont aménagés sous le niveau de l'eau, favorisent la circulation des rongeurs sous la glace. La boue, élément permettant la cohésion de toute la structure, entre dans la composition de ces "édifices". Ils faut parfois plusieurs années pour que ces huttes atteignent leurs dimensions définitives.

 

Ébauche de hutte

Ces huttes restent parfois à l’état d’ébauche.

Couleuvres, oiseaux, les utilisent volontiers comme reposoir.

 

Plateforme de nourrissage

Plateformes de nourrissage.

Le rongeur consomme la base du végétal, riche en hydrate de carbone,

et composte le reste. 

 

Terrier de rat musqué 

Un terrier bien typique

avec ses issues sous-marines

 qui  permettent au rongeur

 de sortir en toute sécurité.

 

Crottier rat musqué

Moins bien formées que celle du ragondin.

Ces crottes sont souvent déposées en hauteur, sur une pierre,

une touffe d'herbe, une branche sortant de l'eau.

Elles sont parfois visibles au printemps

 

Moulage final

Moulage de l'empreinte.

 

 

Comparaison 1

Au gauche rat musqué adulte ; à droite  jeune ragondin.

Les dimensions des empreintes des deux animaux peuvent coincider.

Néanmoins, la palmure du pied postérieur du jeune ragondin est ici visible,

Alors qu’elle fait complétement défaut chez le rat musqué.

Enfin les griffes du rat musqué sont plus longues.

 

 

 

Le cygne tuberculé, Cygnus olor

The Mute Swan

 

Comment parler du cygne tuberculé sans évoquer l’éclat, la splendeur, la noblesse qu’il exhale lorsqu’il vogue sans effort sur l’onde ? Pourtant, combien de chiens intrépides, d’enfants trop curieux, cet oiseau immaculé n'a-t-il promptement rabroués ? Ainsi, ses qualités belliqueuses lors de la reproduction sont rarement comprises. Bénéficiant d’introductions chroniques depuis le XIV siècle, le cygne tuberculé ou cygne muet, fait figure d’exemple en matière d’immigration réussie. Pourtant, son difficile relationnel avec tout autre palmipède devient source d'interrogation quant à son statut d'espèce protégée dans certains pays.

L’oiseau, très lourd, n’atteindrait sa taille définitive que lors de sa deuxième année, le mâle étant un peu plus grand que la femelle. Cette différence de taille serait visible dans l’empreinte, notamment la longueur du doigt médian qui attendrait en moyenne 15 cm pour les mâles contre 13 cm pour les femelles :  «Biometrics of the mute swan :  Johannes N.J, Willem Beekhuizen  & Erwin J.O.Kompanje ». Remarquable par ses dimensions, l'empreinte ne peut être confondue avec celle d'un autre palmipède ; on veillera toutefois à ne l'assimiler, lors de leurs escales sur les grands plans d'eau, à ses cousins nordiques.

Le cygne rame par coups de pattes simultanés, contrairement aux canards de surface dont les pattes travaillent de façon indépendante. Une seule impulsion propulse l'oiseau sur une distance de 3 ou 4 m.

 

Empreinte de cygne

Dimensions de l'empreinte : (L) 13,5 x (l) 14.7 cm

 

Empreinte de cygne tuberculé

Une autre empreinte.

Angle des doigts 2 et 4 : 80 degrés.

 

La piste de l'oiseau

La piste de l'oiseau.

Les empreintes de pieds humains, à proximité, permettent d'en apprécier les dimensions.

Foulée : 45 cm 

Largeur de la voie : 20 cm

 

Empreintes de cygne

 

Cygne

 

 

Cygne 1

Le cygne aurait, toutes proportions gardées,

 des pattes plus courtes que celles des oies.

Ce qui rendrait sa démarche encore plus gauche sur terre ferme.

 

 

Fiente de cygne.

Les excrétions du palmipède géant traduisent une alimentation principalement végétale. 

Ici, sous forme de bousard, les fientes sont le plus souvent tubulaires.

On les trouve souvent accompagnées de nombreuses plumes,

sur les sites de repos.

 

Quelques mesures relevées sur l'empreinte :

 

Doigt 1 : absent la plupart du temps, sauf sur sol meuble ou dans la neige.

Doigt 2 : 9,4 cm

Doigt 3 : 12.6 cm

Doigt 4 : 12,3 cm

 

Le castor d'Eurasie, castor fiber

The Eurasian beaver.

 

Ce qui frappe lorsque l'on explore le pays du castor, c'est l'absence de traces exploitables. Malgré le poids important du rongeur, les bonnes impressions sont rares, car l'animal les efface en partie avec sa queue, ou à défaut avec une branche ou un rondin. Si la recherche des traces demeure donc une tâche particulièrement ingrate, celle des signes associés, elle, se révèle plus facile. Branches coupées, écorcées, arbre abattus ou en cours d'abattage, parsèment son habitat. Le castor sectionne, fractionne, piétine, traîne, écorce avec un réel enthousiasme et une remarquable pugnacité. Les essences qu'il préfère sont heureusement celles qui poussent rapidement, comme les représentants de la grande famille des salicacés*. Il ne dédaigne toutefois pas d'autres variétés et peut effectuer, à la faveur de la nuit, quelques raids dans les vergers . Des expéditions qui, bien entendu, desservent la réputation de notre bûcheron. Toutefois, notre castor indigène semble plus respectueux de l'habitat humain que son confrère du nouveau monde : le "canadensis". Ce dernier construit des barrages, des huttes pharaoniques, qui inondent parfois les routes et autres infrastructures. Notre castor européen tire son bonheur d'un simple terrier, auquel il ajoute parfois une petite touche végétale, à grand renfort de branches coupées. Parmi les "services" assurés par le rongeur, on notera également : le creusement de canaux pour pénétrer toujours plus loin à l'intérieur des terres, l'édification d'écluses artisanales pour en contrôler le niveau, ainsi que les fameuses "balises odorantes" humectée de castoréum. Une substance aux multiples vertus, utilisée entre autre, jadis, dans le traitement des femmes hystériques... (dixit : L'encyclopédie de Diderot et d'Alembert). En réalité le castoréum n'est ni plus ni moins qu'un vulgaire code-barres olfactif, une barrière contre les intrus.

PA : 5 doigts non palmés. Le doigt 1 est réduit et son impression manque parfois. Les griffes sont larges, rondes et émoussées, sauf celle du doigt 1 qui est plus pointue. La main présente, près du poignet, une buttée calleuse constituée de plusieurs éléments fusionnés. Cette dernière, accompagnée d'un doigt opposable, assiste probablement l'animal lors de ses activités d'écorçage. La "main" du castor est rarement visible dans la piste du castor car elle est souvent recouverte par l'énorme pied postérieur du rongeur.

PP : 5 doigts. Une palmure distale relie chaque doigt mais cette dernière n'est pas toujours visible dans la trace. Le pied du castor, de grande dimension, peut dépasser les 15 cm. Les griffes sont larges et rondes. La griffe du doigt 2, bifide, joue le rôle de peigne lors de l'entretien du pelage. Les doigts sont rarement tous présents dans l'empreinte ( dans ce cas confusion possible avec de grands oiseaux comme l'oie ou le héron)

La voie est remarquable par sa largeur : au moins 30 cm. Lors de la marche, les pieds postérieurs s'orientent vers l'intérieur. Les pattes peuvent laisser comme deux rails sur certaines coulées sous-marines, notamment celles qui rayonnent du terrier. Lors de la nage, seules les pattes postérieures et la queue sont utilisées, les antérieures restent plaquées le long du corps.

 

Empreinte de castor

A longueur égale, l'empreinte du castor est plus large que celle du ragondin.

La partie postérieure du pied est fortement évasée.

Elle peut être aussi large qu'une main humaine.

 

 

Comparaison ragondin castor

Comparaison de PP du castor et du ragondin de taille identique.

Chez le ragondin les griffes sont plus développées

et il possède en outre un doigt libre de palmure.

En condition normale, le talon du ragondin s'imprime rarement.

 

Doigts du castor

Les doigts du PP sont presque aussi larges que ceux d'un humain.

 

Coulée de castor

Les déplacements du rongeur

finissent par former des tranchées.

Il est très difficile de trouver des empreintes complètes.

Coulee castor20150418 154244

Un talon large et des griffes courtes

caractérisent l'empreinte du castor.

 

Trace de queue

La queue efface parfois partiellement  les empreintes,

  laissant une trainée large d'une quinzaine de centimètres

Un pied postérieur est encore visible sur le côté.

 

réfectoire de castor

Le rongeur traîne jusqu'à l'eau de nombreuses branches,

qu'il écorce ensuite en toute impunité.

Ces lieux sont appelés "réfectoires"

Ces garde-manger sont signe d'une certaine activité.

 

 

Ecorçage castor

Les rameaux de saules ou de peupliers,

sont soigneusement effeuillés puis écorcés.

Etrangement, les incisives laisse peu de marques.

Ces branches finissent immergées, ou dispersées par le courant.

Plus le bois mis à nu semble blanc, plus la branche est fraîche.

 

Peuplier

L'abattage des grands arbres favorise l'entrée de la lumière.

Ces derniers sont alors remplacés par de vigoureuses cépées,

ce qui contribue au rajeunissement de la végétation riveraine.

On assiste alors à la création des fameux pâturages à castor

 

Indices catsor

Les coupes effectuées par le castor à différentes hauteurs

nous renseignent  sur l’amplitude des crues

 

Coupe de castor

Pour différencier la coupe faite lors des travaux d'élagage de celle du rongeur,

Il suffit de passer le doigt sur la partie sectionnée pour apprécier le relief.

 

Abroutissement castor

Abroutissement opéré par le rongeur.

Curieusement, les variétés d'arbre les plus touchées

sont aussi celles qui se recèpent le plus facilement :

saules, peupliers, noisetiers, aulnes glutineux.

 

copeaux

Au pied de l'ouvrage reposent des copeaux de grande taille,

qui permettent d'imaginer à quelle vitesse et facilité ces arbres sont découpés.

Dimensions : (L) 8 x (l) 1,5 cm. (environ la longueur d'un pouce humain)

 

arbre abattu

Les arbres abattus, toujours liés à leur pied, peuvent être observés

jusqu'à 50-60 mètres de la "sainte rive" protectrice.

 

Tronçonnage

L'arbre est ensuite tronçonné en rondins plus manœuvrables

 

 

Rondin

L'un de ces rondins, ici complètement dépouillé, échoué.

Leur taille est variable mais le design "pointe de crayon" reste la marque de fabrique.

Les crues peuvent transporter ces rondins très loin de la zone occupée par les rongeurs

Dimensions : (L) 55 x (l) 7 cm.

 

Branches traînées par un castor

Les "coulées striées" du castor

Formées lorsque l'animal traîne les branches vers ses refectoires

 

Au pays du castor

En contre-partie de ses divers aménagements,

notre animal exige des eaux calmes et des arbres, 

ce que lui procurent les paysages ligériens.

Retour au Pliocène*,

le fracas des arbres s'écrasant au sol hante de nouveau les nuits...

 

 

Coulée

La forte corpulence du rongeur et ses membres courts

ne facilitent pas ses déplacements sur la terre ferme.

Aussi les coulées sont larges et la végétation vigoureusement foulée.

Un ravissement pour le pisteur néophyte.

L'allégresse n'est toutefois que de courte durée :

ces coulées relient paresseusement les différents chantiers... quelle équipée !

 

Arbre écorçé

Les arbres ciblés en priorité par le castor sont ceux qui possèdent une écorce délicate,

et dont le diamètre est inférieur à 20 cm.

Les gros arbres, que j'ai pu observer,

semblaient être écorcés au pied, puis délaissés.

 

 

Les laissées du castor

Les laissées ressemblent à de grosses boulettes de sciure compressées.

Elles sont très friables

Dimensions : (L) 4,5 x (l) 3 cm

 

 

 

La poule d'eau, Gallinula chloropus

The Common Moorhen

 

Un oiseau se hâte sur l’eau entre deux îlots de végétation, c’est une poule d’eau : l’oiseau des mares verdissantes, des canaux, qui semble avancer sur l’eau avec  beaucoup d''aisance. Alarmé, il tente de regagner le couvert d’un vol court et désordonné. Trop tard !... l’observateur a eu le temps d’entrevoir, ballotant sous le ventre de l’oiseau, l’objet du déshonneur. La jambe de la poule d’eau se prolonge par des orteils gigantesques, qui constituent  l’un des canulars les plus hasardeux que la nature ait osé commettre. Pourtant l’appareil locomoteur de la poule d’eau n’a pas d’égal pour franchir les roseaux ou filer sur la vase. Ses doigts longilines, sont renforcés d’une bordure membraneuse très discrète, qui est rarement imprimée sur le substrat. L'empreinte et la voie évoquent sous certains aspects celle de la cousine la foulque.

 

Patte de poule d'eau

L’appareil locomoteur de la Gallinule :

deux raquettes colossales, bâties pour arpenter les vasières. 

Comparé aux doigts, le tarse n'est pas très long.

Les griffes, elles, le sont.

 

Traces de poule d'eau

Les traces du rallidé.

Angle des doigts 2 et 4 : environ 100 degrés.

 

Traces de poule d'eau

L'oiseau, sprinter invétéré, ne semble utiliser ses ailes qu'à regret.

 

Traces de poule d'eau

Foulée : 18 cm

Largeur de voie 7 cm.

 

Traces de poule d'eau

Petite réunion informelle sur la berge.

 

traces de poule d'eau dans la neigeVoie de l'oiseau dans la neige (en compagnie d'un merle)

Foulée : 32 cm

Largeur de la voie : environ 9 cm

 

 

Poule

Impression dans l'argile.

Dimensions : (L) 8,1 x (l) 8,2 cm

 

Impression dans le sable

Impression dans le sable.

 

Empreinte de poule d'eau

Moulage de l'empreinte

 

Mesures relevées sur l'empreinte

 

Doigt 1 : 2.3 cm

Doigt 2 : 4,6 cm

Doigt 3 : 5.9 cm

Doigt 4 : 5,2 cm

Courlis cendré, Numenius arquata

Eurasian Curlew 

 

L’observation des traces du courlis est un bon moyen de se familiariser avec les mœurs de cet oiseau très craintif. Gros comme un chapon, dixit Buffon, ce limicole géant laisse des empreintes profondes au profil bien typé. Sa présence est souvent confirmée par son cri roulant et son vol rigide de mouette. L’oiseau a de toute éternité cherché la proximité des grands espaces : côtes limoneuses, estuaires, pâturages inondés. Il accompagne souvent le flux et reflux des marées auxquelles il est intimement lié, mais il ne boude pourtant pas l'intérieur des terres lors de la pleine mer, de la reproduction ou des dispersions automnales ou migratoires.

 

Groupe d'empreintes

Le doigt postérieur marque parfois sur les sols profonds

 

 

La voie de l'oiseau

La piste du courlis cendré.

Le doigt médian superpose pratiquement la ligne médiane.

Foulée : 30 cm

Largeur de la voie : 7,2 cm

 

Moulage de l'empreinte

Des doigts robustes et vivement écartés.

Dimensions : (L) 5,2 X (l) 7 cm

Angle des doigts 2 et 4 : 120 degrés.

 

 

Quelques dimensions relevées dans l'empreinte :

 

Doigt 1 : court, souvent absent

Doigt 2 : 3,8 cm

Doigt 3 : 4,7 cm

Doigt 4 : 3,8 cm