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Utilisation d'une pige de pistage / Using a tracking stick
- Le 09/01/2026
- Dans Conseils pratiques/ Practical Tips
La pige de pistage (ou bâton de pistage) est un instrument de mesure géométrique, une sorte de compas de terrain. Son rôle est de matérialiser une distance fixe dans l'espace pour compenser les limites de la vision humaine. Son usage n'est pas nécessaire lorsque la piste est flagrante (neige, boue malléable). En revanche, il devient un instrument intéressant sur des sols "muets" (feuilles mortes, aiguilles de pin, sable, sols durcis). l'utilisation de cet objet est un excellent exercice pour apprendre à repérer les perturbations comme des transferts de grains de sable, des brins d'herbes écrasés, une pierre déplacée quand la piste n'est plus visible à l'œil nu. C'est un instrument très amusant à utiliser avec les enfants, c'est en effet une façon concrère de leur enseigner la nature et l'observation.
A tracking stick is a geometric measuring tool, a sort of field compass. Its job is to show a fixed distance on the ground to make up for the limits of human vision. You don’t really need it when tracks are obvious (like in snow or soft mud). However, it becomes very useful on "silent" ground (dead leaves, pine needles, sand, or hard soil). Using this tool is an excellent exercise for learning how to spot tiny disturbances—like shifted grains of sand, crushed grass, or a moved stone—when the track is no longer visible to the naked eye. It is also a very fun tool to use with children, it's actually a fun, hands-on way to teach them about nature and observation.
Domaines d'application / Areas of Use
Cet outil nous vient directement de disciplines spécialisées comme le Search and Rescue (SAR) et du Mantracking. N'étant pas lié directement à ce genre de domaines, ce n'est pas un outil que j'utilise souvent. Néanmoins il m'a semblé important d'en parler ici pour ne pas faire l'impasse sur un outil qui a tout à fait sa place sur un site dédié aux traces.This tool comes directly from specialized fields like Search and Rescue (SAR) and Mantracking. Since I don't work directly in those fields, it isn't a tool I use often. However, I felt it was important to mention it here so as not to overlook a tool that definitely belongs on a site dedicated to tracking
Comment l'utiliser / How to Use it
C'est plutôt un instrument qu'on utilise en étant accroupi ou posant un genou à terre. Cette position permet d'aligner l'outil parallèlement au sol et de profiter de la lumière rasante qui aide à révéler les perturbations cachés dans les feuilles.
Une fois le point de mesure identifié, on fait pivoter le bâton en un léger arc de cercle. Au lieu de balayer le terrain du regard, on concentre toute son attention sur une zone de quelques centimètres carrés pointée par la rotation de l'outil, c'est une analyse fine de la piste. Cette pige peut également être utilisée comme bâton de marche (si sa solidité le permet), pointer une caractéristique sans polluer la zone avec ses propres doigts. Il se transforme alors en outil pédagogique.It is best used while crouching or kneeling. This position allows you to keep the stick parallel to the ground and take advantage of low-angle light, which helps reveal hidden disturbances in the leaves. Once you identify a measurement point, you swing the stick in a light arc. Instead of scanning the whole ground with your eyes, you focus all your attention on a small area of just a few centimeters pointed out by the stick. This allows for a detailed analysis of the track. The stick can also be used as a walking staff (if it is strong enough) or to point out a feature without contaminating the area with your fingers. In this way, it becomes a teaching tool.
Configuration des marqueurs (A, B, C) / Marker Setup (A, B, C)
L'usage de trois anneaux coulissants transforme un simple bâton en une mémoire de terrain :A : Le "zéro", placé au talon de la première empreinte. Ce repère sera aussi le point pivot de la pige pour trouver l'empreinte suivante
B : Placé au talon de l'empreinte suivante.
C : Placé à la pointe de l'empreinte suivante de l'autre pied (plus adapté pour les humains) ou du même pied pour les animaux (l'appui suivant du même pied)Using three sliding rings turns a simple stick into a "field memory":
A: The "zero" point, placed at the heel of the first footprint. This marker acts as the pivot point to find the next track.
B: Placed at the heel of the next footprint.
C: Placed at the toe of the next footprint. This measures the stride of the other foot (for humans) or the next step of the same foot (for animals).
Calibration de la foulée (différentes techniques possibles)
Stride calibration (different techniques possible)
Recherche de l'empreinte ou de l'appui suivant Searching for the next footprint or footfall
Limites techniques / Technical Limits
La pige repose sur la répétition d'une mesure constante. Elle est donc efficace quand le sujet (humain ou animal) marche à un rythme régulier. Si la cible passe du pas au trot, la mesure AB devient instantanément obsolète. On doit alors recalibrer les marqueurs dès qu'on retrouve deux empreintes consécutives de la nouvelle allure. Son utilisation ne vous permettra peut-être pas de suivre des animaux légers sur de longues distances en forêt, mais peut se montrer particulièrement efficace sur des terrains hétérogènes, permettant de maintenir une continuité de lecture de la piste entre le substrat nu et les zones végétalisés.The tracking stick relies on repeating a constant measurement. Therefore, it is effective when the subject (human or animal) walks at a steady pace. If the target switches from a walk to a trot, the AB measurement instantly becomes obsolete. You must then recalibrate the markers as soon as you find two consecutive prints of the new gait. While its use might not allow you to follow light animals over long distances in the forest, it can be particularly effective on mixed terrain, helping you maintain a continuous reading of the track between bare ground and vegetated areas.
Matériel, fabrication / Materials and Construction
Pour fabriquer cet outil n'importe quel bâton fera l'affaire : tourillon, bâton de marche, tuteur en bambou (en rabotant un peu les nœuds), fût de flèche, ancienne antenne de radio telescopique. On peut également un fabriquer un pliable en utilisant des sections de piquets de tente (ces sections de tube en fibre reliées par un élastique interne). Une fois repliée, il se range ainsi facilement dans un sac à dos. Pour une solution de dépannage immédiate, une branche de saule bien droite peut aussi être également utilisée
Comme marqueurs, on peut utiliser n'importe quel anneau coulissant, à condition qu'il ne glisse pas par accident. J'utilisais parfois de gros élastiques robustes, comme les bagues d'écaudage (utilisées en élevage pour faire tomber la queue des moutons). Ils offrent une bonne tension et restent en place même si le bâton s'accroche dans la végétation. Il existe également des modèles très élaborés, gradués, pliables et télescopiques, vendus spécifiquement pour les professionnelsTo make this tool, almost any stick will do: a wooden dowel, a walking stick, a bamboo stake (after smoothing the nodes), an arrow shaft, or even an old telescopic radio antenna. You can also make a foldable version using tent pole sections (fiberglass tubes connected by an internal elastic cord). Once folded, it fits easily into a backpack. For an immediate, temporary solution, a very straight willow branch can also be used.
For the markers, you can use any sliding ring, as long as it does not move by accident. I sometimes use thick, sturdy rubber bands, such as docking rings (used in farming for sheep). These provide good tension and stay in place even if the stick catches on vegetation. There are also very sophisticated models—graduated, foldable, and telescopic—sold specifically for professionals.
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Lire entre les traces / Reading Between the Tracks
- Le 03/01/2026
- Dans Conseils pratiques/ Practical Tips
Mirages et autres diableries de terrain
Mirages and Other Field Devilries
La nature est intrinsèquement imprévisible, et les conditions de terrain trompent fréquemment l'observateur. Voici les principaux pièges rencontrés lors de nos sorties de terrain:
Nature is inherently unpredictable, and field conditions frequently mislead the observer. Here are the most common pitfalls encountered during our outings:
1. Confusions récurrentes.1. Frequent mistakes
Canidés vs Félidés : rien ne ressemble plus à une trace de lynx qu'une trace de chien sans griffes! Pour trancher, il faut observer la structure géométrique de l'empreinte :
• La symétrie (Canidés) : La trace d'un chien, d'un renard ou d'un loup est presque parfaitement symétrique. Si vous tracez une ligne verticale au milieu, les deux côtés sont le miroir l'un de l'autre. Les deux doigts centraux sont alignés au même niveau.
• L'asymétrie (Félidés) : La trace du lynx ou du chat est asymétrique. Elle ressemble à une main humaine : l'un des doigts centraux est plus "en avant" que l'autre ( le doigt correspondant à notre majeur).
• Chez les canidés, les coussinets digitaux (les doigts) sont volumineux, angulaires et occupent une place importante par rapport au coussinet central (la paume).
• Chez les félidés, le coussinet central est massif, large, et présente souvent trois lobes à l'arrière et deux à l'avant, dominant nettement les petits coussinets digitaux.Canids vs. Felids: Nothing looks more like a lynx track than a clawless dog track! To tell them apart, you must observe the geometric structure of the print:
- Symmetry (Canids): The track of a dog, fox, or wolf is almost perfectly symmetrical. If you draw a vertical line down the middle, both sides are mirror images. The two leading toes are aligned at the same level.
- Asymmetry (Felids): A lynx or cat track is asymmetrical. It resembles a human hand: one of the leading toes is further forward than the other (corresponding to our middle finger).
- The Pads: In canids, the digital pads (toes) are bulky, and take up significant space compared to the metacarpal/metatarsal pad (the palm).
- The Main Pad: In felids, the central pad is massive, wide, and often features three lobes at the rear and two at the front, clearly dominating the smaller digital pads.
La règle du 4/5 : Les écureuils du genre Sciurus sont très souvent confondus avec un mustélidé ou un raton laveur. Pourtant, le nombre de doigts et l'allure ne mentent pas. Les écureuils sont omniprésents en Amérique du Nord. Lorsque vous voyez de "petites mains" imprimées dans la neige ou la boue, l’écureuil ne devrait pas être votre dernière hypothèse, mais la première. On a tendance a surestimer radicalement la taille de l'Écureuil gris (Sciurus carolinensis). Sa piste peut mesurer jusqu'à 12 ou 13 cm de large (comme celle d'un raton laveur) Gardez en tête cette image : des mains à 4 doigts à l'avant, des pieds de géant à 5 doigts à l'arrière, et un motif de bond qui crie "rongeur"!. Même lorsque la neige empêche de compter distinctement chaque doigt, l'absence du cinquième doigt sur les membres antérieurs trahit le rongeur : elle produit une empreinte avant nettement plus étroite. Chez les carnivores, c'est l'inverse, le pied avant souvent plus large.
The 4/5 Rule: Squirrels of the genus Sciurus are very often confused with mustelids or raccoons. Yet, the number of toes and the gait do not lie. Squirrel are omnipresent in North America. When you see "little hands" printed in the snow or mud, the squirrel should not be your last hypothesis, but your first. We tend to radically overestimate the size of the Eastern Gray Squirrel (Sciurus carolinensis). Its trail can measure up to 12 or 13 cm wide (just like a raccoon's). Keep this image in mind: 4-toed hands at the front, 5-toed giant feet at the back, and a bounding pattern that screams "rodent!" Even when snow prevents a distinct toe count, the absence of the fifth toe on the forelimbs betrays the rodent: it produces a significantly narrower front print. In carnivores, it is the opposite:the front foot is often wider.
L'effet raquette : en neige profonde, certains léporidés comme le Lièvre variable ou le lièvre d'Amérique peuvent grouper leur quatre pattes dans une seule empreinte. On se retrouve alors face à une empreinte massive, presque circulaire, qui peut évoquer le passage d'un grand quadrupède.
Le réflexe à avoir : "remontez la piste !"
Si le doute s'installe, ne perdez pas de temps à analyser la forme de cette empreinte unique. Suivez la piste. Pourquoi ? À l’inverse des carnivores, le lièvre traite la cellulose en continu grâce à sa caecotrophie. Ce transit ininterrompu génère des crottes régulières, qu'il évacue parfois même en se déplaçant, fournissant un indice fiable pour l'identification de l'espèceThe Snowshoe Effect: In deep snow, certain leporids like the Mountain Hare or the Snowshoe Hare can group all four paws into a single print. This results in a massive, almost circular track that can evoke the passage of a large quadruped. Your first intinct shoud be to track it out !
If doubt sets in, don’t waste time analyzing the shape of that single print. Follow the trail. Why? Unlike carnivores, hares process cellulose continuously through caecotrophy. This uninterrupted transit produces regular droppings—which they sometimes release while on the move—providing a reliable clue for identifying the species.

Piste de lièvre : en neige profonde chaque mouvement est un effort calculé
Hare trail: in deep snow, every move is a calculated effort
Sanglier vs Cervidé : erreur de copier-coller
Il est fascinant de constater comment une contre-vérité peut devenir une « vérité de papier ». De nombreux guides de terrain, se recopiant les uns les autres sans vérification directe, affirment que la présence de gardes (doigts postérieurs) signe systématiquement le passage d'un sanglier. Pourtant, les cervidés impriment eux aussi très souvent les doigts postérieurs lorsqu'ils courent, pour augmenter la surface de leur pied en terrain meuble ou pour freiner dans les pentes. De ce fait, les deux espèces sont parfois difficiles à discerner, surtout lorsqu'il s'agit du pied avant d'un cervidé où les doigts postérieurs sont attachés plus bas et dirigés plus latéralement. A l'inverse du mythe des guides ou d'autres livres sur les traces, les doigts du sanglier sont eux-mêmes loin de marquer systématiquement, notamment sur sol ferme. Pour lever le doute, l'observation d'une seule empreinte isolée ne suffit pas. On est alors obligé de prendre des mesures sur la piste : la voie des cervidés est en général moins large ou possède une foulée plus importante que celle du suidé à allure égale. Il devient alors indispensable de chercher des signes supplémentaires, comme des frottis, des restes de repas ou des laissées, pour confirmer l'identité du passage. Le pied du sanglier présente une forte densité de tissus adipeux sous-cutanés, produisant une empreinte charnue où les reliefs tendineux sont souvent masqués ; à l'inverse les cervidés possèdent une structure de membre plus sèche qui rend les tendons fléchisseurs des doigts bien plus visible dans les sols meubles.
Wild Boar vs. Cervid: A Copy-Paste Error
It is fascinating to see how a misconception can become "paper truth." Many field guides, copying each other without direct verification, claim that the presence of dewclaws (vestigial toes) systematically signals the passage of a wild boar. However, cervids also very frequently register their dewclaws when running, to increase the surface area of their feet in soft ground or to brake on slopes. Consequently, the two species are sometimes difficult to discern, especially regarding the forefoot of a cervid where the dewclaws are attached lower and directed more laterally. Contrary to the myth found in guides and other tracking books, a boar's dewclaws are far from registering systematically, especially on firm ground. To resolve the doubt, observing a single isolated print is not enough. You must take measurements along the trail: a cervid's trackway is generally narrower or has a longer stride than that of a suid at the same gait. It then becomes essential to look for additional signs, such as rubs, feeding remains, or scat to confirm the animal's identity. Wild boars possess a higher density of subcutaneous adipose tissue in their feet, resulting in a fleshy print where tendon definitions are obscured; conversely cervids exhibit a drier, more skeletal limb structure, making the digital flexor tendons much more visible in deep substrates.

Traces de chevreuil montrant la marque des ergots,
ces derniers restent bien dans l'alignement du sabot, les pinces sont étroites et pointues
Roe deer tracks showing dewclaw marks: they stay perfectly aligned with the hoof,
and the toes are narrow and pointed
2. Les pièges anthropiques2 Anthropic traps
Les motifs de semelles : risque d'interprétation : Certains motifs de crampons en chevrons ou en étoiles imitent presque parfaitement la structure d'un coussinet central ou d'un onglet. Cherchez la répétition : si vous voyez un motif qui semble biologique mais qui se répète de manière absolument identique à chaque foulée, c'est suspect. Observez la texture du fond : le fond d'une empreinte animale est souvent arrondi (compression de la peau ou du poil). Le fond d'une glissade de chaussure présente des micro-stries angulaires et parallèles très mécaniques.Footwear patterns : Risk of misinterpretation: Some chevron or star-shaped lug patterns almost perfectly imitate the structure of a metacarpal pad or a claw. Look for repetition: If you see a pattern that looks biological but repeats with absolute identical precision with every step, it’s suspicious. Observe the texture of the track’s floor: an animal print's bottom is often rounded (from the compression of skin or fur). The bottom of a boot slide features angular, parallel micro-striations that are distinctly mechanical.
Le glissement latéral : L'illusion des griffes
Imaginez une pente de boue ou d'argile humide. Un randonneur passe, son pied glisse légèrement dans la pente avant de se stabiliser. Les crampons extérieurs de la semelle agissent comme des peignes. En glissant latéralement, ils tirent la boue et créent de fines rainures parallèles, parfaitement nette. Pour un œil non averti, ces rainures peuvent ressembler à des traces de griffes laissées par un carnivore.Lateral Slippage: The Illusion of Claws : Imagine a slope of mud or wet clay. A hiker passes by, and their foot slips slightly down the slope before stabilizing. The outer lugs of the sole act like combs. By sliding laterally, they pull the mud and create thin, perfectly sharp parallel grooves. To the untrained eye, these grooves can look like claw marks left by a carnivore.

Artéfact de terrain: savoir distinguer l'action mécanique du vivant.
Fied artifact: distinguishing between mechanical marks and wildlife signs
3. Analyse et interprétation.
3. Analysis & interpretation
Le piège de l’empreinte unique
Une identification basée sur une seule trace isolée n'a que très peu de valeur scientifique ou technique, à moins que celle-ci ne soit absolument typique et gravée dans un substrat parfait. Se contenter d'une empreinte ou d'une photo unique, c'est accepter de se laisser tromper par les caprices du substrat ou l'appui atypique d'un l'animal. En pistage, la vérité ne se trouve pas dans un point fixe, mais souvent sur un bon tronçon de piste. J’ai personnellement vécu cette expérience plusieurs fois où il m'est arrivé de suivre ce que je pensais être des cerfs, pour les voir se transformer miraculeusement en sangliers après quelques mètres. C’est sur la longueur de la piste que l'animal finit toujours par trahir sa véritable identité. Le pistage est une enquête de patience : la réponse est rarement directement à nos pieds.
Identification based on a single, isolated track has very little scientific or technical value, unless it is perfectly typical and imprinted in an ideal substrate. Relying on a single footprint or photograph means accepting the risk of being misled by substrate irregularities or an animal’s atypical gait. In tracking, the truth is not found in a fixed point, but often over a good stretch of the trail. I have personally experienced this several times, following what I thought were deer, only to see them miraculously turn into wild boar after a few meters. It is over the length of the track that the animal always ends up revealing its true identity. Tracking is an investigation of patience: the answer is rarely right at our feet.
Identification des fèces. Identifier des laissées en se basant uniquement sur leur diamètre est risqué ; le régime alimentaire et la saison influencent le calibre. Un animal peut toujours créer un dépôt atypique aussi bien en longueur qu'au niveau du diamètre.Si vous n'en êtes pas convaincu, observez simplement le contenu de la litière de votre chat ou l'aspect des crottes de votre chien après plusieurs défécations.
Aussi le pied à coulisse peut devenir l'ennemi de la vérité s'il n'est pas couplé à une analyse biologique et en prenant bien sûr en compte le contexte. On cherche souvent une certitude mathématique là où il y a une variabilité physiologique. Il est tentant de se dire : "25 mm, c'est un loup ; 15 mm, c'est un renard". Mais sur le terrain, cette règle vole souvent en éclats.
À l'automne, de nombreux carnivores (renard, blaireau, même le loup) deviennent opportunistes. Une alimentation riche en baies, fruits ou insectes modifie radicalement la consistance de leurs laissées qui deviennent presque impossible à identifier. Les facteurs environnementaux (post-déposition) peuvent également changer radicalement la taille des dépôts. Un crotte de lapin laissée dans une flaque peut doubler de volume en quelques heures par absorption d'eau, la rendant aussi grosse que celle d'un lièvre
On lit aussi souvent dans l'ancienne littérature que les déjections en chapelets (en collier de perles) sont l'exclusivité des cervidés, notamment du Cerf élaphe (Cervus elaphus). Pourtant, ce phénomène s'observe chez d'autres espèces (j'ai même eu l'occasion de l'observer un jour sur des crottes de ragondin). Ce n'est pas une pathologie, mais le résultat d'un régime très riche en structure (cellulose et lignine). Lorsque les fibres végétales ne sont pas dégradées par la digestion, elles servent de lien mécanique entre les segments, formant ainsi ce "collier" dont la cohésion est assurée par le résidu fibreux.
"Cette crotte sent fort, c’est donc plutôt du vison ; celle de la loutre n'a pas d'odeur." Même si les fèces de loutre sont réputées pour être les moins odorantes chez les carnivores, n'oubliez pas de prendre en compte le facteur protéique (un régime carné riche en soufre ou en azote) mais aussi le facteur météorologique (un temps chaud et humide favorisant l'activité bactérienne). Ces facteurs peuvent rendre l'odeur des échantillons beaucoup plus agressive.
Attention aussi à certains oiseaux qui produisent des fientes cæcales qui peuvent facilement être confondues avec des crottes de mammifères, car elles sont plus volumineuses, très odorantes et dépourvues de la calotte blanche habituelle
Pour interpréter l'habitat, il faut aussi connaître l'intégralité de la boite comportementale de chaque espèce : ne concluez pas trop vite à la martre simplement parce qu'une crotte trône sur un troc renversé à deux mètres de hauteur alors que le renard est aussi un excellent grimpeur et adore se promener sur ces troncs qui dominent son territoire.
Privilégiez toujours l'analyse de la composition : si la morphologie peut être trompeuse, la substance fournit souvent des critères d'identification essentiels. Malgré une possible ressemblance externe, une crotte d’ours se distingue de celle de l’élan par la grande diversité de ses composants (baies partiellement digérées, restes d'insectes, poils), là où le ruminant produit une matière végétale hautement fragmentée et homogène. L’utilisation d’une branche permet d’inspecter l’échantillon tout en limitant le contact direct (une précaution nécessaire, particulièrement avec les fèces de carnivores)
En bref, attention à l'excés de confiance : les travaux de Monterroso et al. (2013) ont révélé que les identifications visuelles de féces sont erronées dans 40 % des cas. C'est pourquoi une phrase fait aujourd'hui autorité dans le milieu de l'écologie : "Le signe suggère, l’ADN confirme".
Scat Identification: Identifying scat based solely on diameter is risky; diet and season influence the gauge. An animal can always produce an atypical deposit in both length and diameter.If you aren't convinced, just look at the contents of your cat's litter or the appearance of your dog's scat after successive eliminations
Thus, calipers can become the enemy of truth if not coupled with biological analysis and, of course, taking the context into account. We often seek mathematical certainty where there is only physiological variability. It is tempting to say: "25 mm is a wolf; 15 mm is a fox." But in the field, this rule often shatters.
In autumn, many carnivores (fox, badger, even the wolf) become opportunistic. A diet rich in berries, fruit, or insects radically changes the consistency of their scat, making it almost impossible to identify. Environmental factors (post-deposition) can also radically change the size of the deposits. A rabbit dropping left in a puddle can double in volume in a few hours by absorbing water, making it as large as a hare's.
Older literature often claims that string-of-pearl droppings are unique to deer, particularly the Red Deer (Cervus elaphus). However, I have observed this in other species (such as the nutria). It is not a pathology, but the result of a diet that is very high in structure (cellulose and lignin). When plant fibers are not broken down during digestion, they act as a mechanical link between segments, forming a 'string' held together by the fibrous residue.
'This scat has a strong odor, so it’s likely mink; otter scat is odorless.' Even though otter scat is known to be the least odorous among carnivores, remember to account for the protein factor (a meat-heavy diet high in sulfur or nitrogen) as well as weather conditions (heat and humidity favor bacterial activity). These factors can make the scent of any sample significantly more pungent.
Whatch out for birds that produce cecal droppings, which can easily be mistaken for mammal scat because they are larger, very pungent, and lack the characteristic white uric acid cap
Always prioritize content analysis: while morphology can be misleading, the composition often provides essential diagnostic criteria. Despite potential similarities, bear scat is distinguished from moose scat by its broad dietary diversity (such as partially digested berries, insect remains, or hair), whereas the ruminant produces highly fragmented, homogeneous plant matter. Use a twig to inspect the sample to minimize direct contact—a necessary precaution, particularly with carnivore scat
In short, beware of overconfidence: research by Monterroso et al. (2013) revealed that visual identifications of scat are wrong in 40% of cases. This is why a phrase now stands as the authority in the field of ecology: 'The sign suggests, DNA confirms.'
Le syndrome du "Chat à 5 doigts" : Certains chats ( les Maine Coons seraient connus pour ça) présentent une mutation génétique appelée polydactylie. Dans la population féline globale, la polydactylie touche moins de 1 % des individus (bien que ce chiffre puisse grimper localement dans certaines colonies isolées). Aussi il est statistiquement et infiniment plus probable que vous soyez face à un phénomène de superposition plutôt qu'à une mutation génétique rare. Le chat, comme le renard ou le lynx, est un champion de l'économie d'énergie. En marchant, il pose sa patte arrière dans l'empreinte laissée par sa patte avant. Mais souvent ce sur-marquage n'est pas parfait. On se retrouve alors avec une empreinte qui semble posséder 5 doigts et l'animal est alors identifié comme Mustelidé (loutre, fouine, martre, vison, possèdent naturellement 5 doigts aux quatre pattes)
Le diagnostic : Regardez la forme du coussinet central. Chez le félin (même avec un "faux" 5ème doigt), le coussinet reste massif, trapézoïdal et trilobé à l'arrière. Chez les mustélidés, le coussinet est plus petit, souvent fragmenté, et les doigts sont disposés en arc de cercle beaucoup plus ouvert (en forme de "collier de perles"). Les Mustélidés se déplacent par bonds successifs, là où le chat privilégie une marche précise et saute rarement sans nécessité.The “five-toed cat” syndrome: Some cats (Maine Coons are often mentioned) carry a genetic mutation called polydactyly. In the overall cat population, polydactyly affects less than 1% of individuals (although this figure can be higher locally in some isolated colonies). As a result, it is statistically—and by far—much more likely that what you are seeing is a case of track overlap rather than a rare genetic mutation. The cat, like the fox or the lynx, is a champion of energy efficiency. When walking, it often places its hind foot into the track left by the front foot. However, this overstepping is often imperfect. The result can be a track that appears to have five toes, leading to misidentification as a mustelid (otter, polecat, marten, mink all naturally have five toes on all four feet)
Diagnosis: Look at the shape of the central pad. In felids (even with a “false” fifth toe), the pad remains large, trapezoidal, and trilobed at the rear. In mustelids, the central pad is smaller, often fragmented, and the toes are arranged in a much wider arc, like a string of pearls. Mustelids typically move by bounding, whereas cats favor a precise walking gait and rarely jump unless necessary.

Trace de chat à " 5 doigts"
Ne comptez pas seulement les doigts, analysez la surperposition des appuis!
Five-toed cat track
Don't just count the toes; look for double registration!
Le faisceau d'indices : sortir du « tunnel vision »
Une erreur classique est de conclure avant d'avoir listé tous les candidats possibles. Le piège est de vouloir nommer la trace immédiatement au lieu d'ouvrir le champ : est-ce un sanglier, un chevreuil ou un jeune cerf ? Établir cette « short-list » est une protection mentale : elle force à rester observateur plutôt que juge. Cette liste ne doit souffrir d'aucune impasse. On occulte souvent les espèces nocturnes ou les amphibiens, dont les traces restent invisibles si elles ne sont pas déjà anticipées. Comme le soulignait Robert Hainard : « On ne regarde que ce qu'on a déjà dans l'esprit. »
L'identification naît ensuite d'un faisceau de preuves concordantes. Si une marque évoque des gardes de sanglier, mais que la foulée et l'allure indiquent un cervidé, c’est le poids de l’ensemble qui doit l’emporter. En pistage, la cohérence globale prime : l’anomalie d’une trace isolée ne fait pas le poids face à la signature d'une piste entière. Apprendre à pister, c’est apprendre à ne plus croire le détail qui hurle, mais à écouter l’ensemble qui murmure.
The Evidence Cluster: Escaping "Tunnel Vision"
A common mistake is jumping to conclusions before listing all potential candidates. The trap is naming the track immediately instead of opening up the field of possibilities: is it a wild boar, a roe deer, or a young red deer? Creating this "short-list" is a vital mental safeguard; it forces you to remain an observer rather than a judge. This list must be exhaustive. We often overlook nocturnal species or amphibians, whose tracks remain "invisible" if they aren't already anticipated. As Robert Hainard rightly said: "We only look at what we already have in mind."
Identification then comes from a body of converging evidence. If a mark suggests the dewclaws of a boar, but the stride and gait indicate a deer, the weight of the whole must prevail. In tracking, global consistency is key: a single weird footprint cannot outweigh the repeated signature of an entire trail. Learning to track means no longer believing the detail that shouts, but listening to the whole that whispers.L'œil du désir : quand l'espoir dicte l'identification. On a tous tendance à voir ce que l'on espère. Pour beaucoup, une trace humide dans la boue d'une rive ne peut appartenir qu'à la loutre. C'est l'animal rare, charismatique, celui qu'on rêve de noter sur son carnet. Pourtant, la réalité est plus pragmatique : les cours d'eau sont les autoroutes de la faune et des aimants à biodiversité. Pour beaucoup de carnivores, la rive est un axe de voyage dégagé qui permet de traverser un territoire sans l'obstacle d'une végétation dense. Les berges regorgent aussi de nourriture (amphibiens, rongeurs, insectes) et attirent de nombreux opportunistes. Plus ou moins tous les animaux doivent venir s'abreuver, laissant derrière eux leur signature. L'objectivité est votre meilleure alliée! Sur le terrain, j'aime me rappeler cette petite phrase que j'ai lue un jour quelque part et qui pour moi est un principe fondamentale de la lecture d'empreintes : " Les choses communes arrivent communément". L'exception est séduisante, mais c'est plus souvent le quotidien qui se cache sous nos yeux.
The Eye of Desire: When Hope Dictates Identification. We all have a tendency to see what we hope to find. For many, a wet print in the mud of a riverbank can only belong to an otter. It is the rare, charismatic animal, the one we dream of recording in our notebooks. Yet, reality is more pragmatic: waterways are wildlife highways and magnets for biodiversity. For many carnivores, the bank is a clear travel route that allows them to cross a territory without the obstacle of dense vegetation. Banks are also teeming with food (amphibians, rodents, insects) and attract many opportunists. Almost all animals must come to drink, leaving their signature behind. Objectivity is your best ally! In the field, I like to remind myself of a short sentence I once read somewhere, which for me is a fundamental principle of track reading: "Common things happen commonly." The exception is seductive, but more often than not, it is the ordinary that is hidden right before our eyes.
Le phénomène de sur-marquage : en observant la nature, notre premier réflexe est souvent d’associer deux indices comme s'il provenaient du même animal. Pourtant, le terrain raconte rarement une histoire linéaire. Un même lieu peut être le théâtre d'une succession d'événements impliquant souvent des espèces différentes, chacune laissant sa signature sur celle de la précédente. Il est donc important d'apprendre à déchiffrer cette chronologie invisible pour ne pas confondre l'habitant avec le visiteur, ou le prédateur avec un éventuel curieux de passage.
En éthologie, on appelle cela la superposition d'indices. L'interprétation des preuves de terrain est complexe car un site d'activité attire souvent des visiteurs successifs. Un exemple : un rat musqué consomme des bivalves sur une berge, l'odeur des restes attire un prédateur, comme un renard, qui vient inspecter et marquer les coquilles. On retrouve alors un mélange d'indices : les empreintes du canidé venant masquer celles effacées du rongeur. Ce même phénomène se produit à l'entrée d'un terriers : un blaireau peut y vivre paisiblement, mais les traces laissées par un chien ou un renard venu « sniffer » l'ouverture peuvent tromper l'observateur sur l'identité de l'occupant. Autre exemple : un renard défèque sur les plumes d'un pigeon ramier tué par une buse variable, s'appropriant visuellement une scène dont il n'est pas l'acteur principal. Toujours garder en mémoire que le terrain est un livre où plusieurs espèces écrivent parfois sur la même page.The Overmarking Phenomenon: When observing nature, our first instinct is often to link two clues as if they came from the same animal. Yet, the field rarely tells a linear story. A single location can be the stage for a succession of events involving different species, each leaving its signature over that of the previous one. It is therefore important to learn to decipher this invisible chronology to avoid confusing the inhabitant with the visitor, or the predator with a curious passerby. In ethology, this is known as the superposition of signs. Interpreting field evidence is complex because a site of activity often attracts successive visitors. For example: a muskrat consumes bivalves on a riverbank; the scent of the remains attracts a predator, such as a fox, which comes to inspect and mark the shells. You are then left with a mix of signs, where the canid's prints may obscure the faded tracks of the rodent. The same phenomenon occurs at burrow entrances: a badger may live there peacefully, but tracks left by a dog or a fox that came to "sniff" the opening can mislead the observer regarding the occupant's identity. Another example: a fox defecates on the feathers of a Wood Pigeon killed by a Common Buzzard, visually claiming a scene in which it was not the primary actor. Always keep in mind that the field is a book where several species sometimes write on the same page.
Analyse et Interprétation : Prendre le temps
Au-delà de la forme, il y a l'analyse globale. Une erreur classique pour l'observateur naturaliste est de vouloir nommer l'animal à la seconde même où il pose les yeux sur la trace. Lorsque j'ai demandé à des amis ce qui pour eux était les erreurs les plus récurrentes lors de l'identification des traces, l'un d'eux m'a suggéré :
« Il faut savoir ralentir avant de rendre un verdict final. Quand je réponds trop vite, je me trompe souvent. »
Prendre son temps permet de se poser les bonnes questions. L'œil a besoin de temps pour « faire la mise au point » sur les détails qui contredisent parfois notre première impression. L'identification immédiate est un piège pour l'ego parce qu'elle flatte notre désir de compétence au détriment de la vérité.
Analysis and Interpretation: Taking Your Time
Beyond the shape, there is the overall analysis. A classic mistake for the naturalist observer is trying to name the animal the very second they lay eyes on the print. When I asked some friends what they thought were the most common mistakes when identifying tracks, one of them suggested:
"You have to slow down before making a final judgment. When I’m too quick to answer, I’m often wrong."
Taking your time allows you to ask the right questions. The eye needs time to "focus" on the details that sometimes contradict our first impression. Immediate identification is a trap for the ego because it flatters our desire for competence at the expense of the truth.
Développer une « Littératie Écologique » du vivant
Comme le disait Sherlock Holmes : « Le monde est plein de choses évidentes que personne, jamais, n'observe. »Relever des indices de passage demande bien plus qu'un simple intérêt ; cela demande une mentalité particulière, une sorte de vigilance inquisitive. Cette littératie écologique, c'est cette capacité à lire l'environnement comme un texte. Certains poussent cette connexion avec le vivant jusqu'à la spiritualité mais ce n'est pas vraiment le versant que j'explore, mon approche est plus pragmatique
Developing "Ecological Literacy"
As Sherlock Holmes said: "The world is full of obvious things which nobody by any chance ever observes."Recording signs of passage requires much more than a simple interest; it demands a specific mindset, a kind of inquisitive vigilance. This ecological literacy is the ability to read the environment like a text. Some take this ability to read the evironment as far as spirituality; that is not the path I explore. My approach is more pragmatic
Le réflexe de la référence.
Il y a une règle d'or que l'on oublie parfois dans l'enthousiasme de la découverte : ne jamais photographier une trace sans un élément de référence. Sans échelle, une photo d'indice perd toute sa valeur technique et ses chances d'être identifiée.
Même après des années à relever des indices de passage, il m'arrive encore d'oublier. À défaut de règle, votre main peut servir de référence de fortune, à condition d' être posée sur le même plan que la trace. Si elle reste à 10 cm au-dessus, la perspective faussera totalement les mesures. Posez-la juste à côté, bien à plat.
Le seul reproche que je fais à l'utilisation de la main, c'est qu'elle peut parfois masquer des détails qui seraient intéressants pour l'identification. Il faut donc veiller à ne rien occulter d'essentiel.
Pour les mesures, j'utilise ensuite un logiciel comme Mesurim (gratuit, avec une version en ligne pour éviter de surcharger son ordinateur). C'est toujours plus confortable d'analyser des proportions sur un grand écran que d'essayer de manipuler une règle avec les deux bottes coincées dans la boue. Certains préfèrent leur pied à coulisse et leur carnet de terrain ; selon moi, le terrain est fait pour la collecte, l'ordinateur pour l'analyse.
The Reference Reflex.
There is a golden rule often forgotten in the excitement of discovery: never photograph a track without a reference element. Without a scale, a photo of a sign loses all its technical value and chances of being identified.
Even after years of recording signs of passage, I still sometimes forget. If you don't have a ruler, your hand can serve as a makeshift reference, as long as it is placed on the same plane as the track. If it’s 4 inches above, perspective will distort the measurements. Place it right next to it, perfectly flat.
My only complaint about using a hand is that it can sometimes hide details that would be useful for identification. You must be careful not to obscure anything essential.
For the actual measuring, I then use software like Mesurim (free, with an online version to avoid cluttering your computer). It is always more comfortable to analyze proportions on a large screen than trying to handle a ruler with both boots stuck in the mud. Some prefer their calipers and field notebooks; in my opinion, the field is for collecting, the computer for analysis
L'art de l'incertitude : Il faut savoir accepter que toutes les traces ne sont pas identifiables jusqu'à l'espèce sans observation visuelle directe. C'est systématique chez les petits oiseaux et rongeurs : leurs dimensions sont trop analogues et la dureté du substrat ne permet l'enregistrement que des animaux d'un certain poids. En neige profonde, l'identification taxonomique devient complexe car le comblement (effondrement de la neige dans l'empreinte lorsque le pied se retire) masque les caractères diagnostiques. La biométrie de la piste (via l'analyse de l'allure, des foulées et du rythme) devient l'unique critère de détermination.
Malgré cela, Il faut se rendre à l'évidence, de nombreuses traces ne donnent rien d'exploitable. Savoir accepter cette notion vous rendra plus épanoui, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer : le plaisir est aussi dans ce travail de recherche et dans la valeur inestimable de tout ce que l'on découvre, parfois par accident, en cherchant.
The Art of Uncertainty: we must accept that not all tracks can be identified to a specific species without actually seeing the animal. This is always the case for small birds and rodents; they are too similar in size, and the ground is often too hard to record their light weight. In deep snow, identification is difficult because backfilling (snow falling back into the print) hides the details of the foot. When this happens, trackway measurements—like gait, stride, and rhythm—become the only way to tell who passed by.
Even then, we have to admit that many tracks simply cannot be identified. Accepting this makes the experience more rewarding. It doesn't mean you should stop trying; the joy is in the search and in the amazing things you discover, often by accident, while looking
4. Physique du substrat
4. Substrate Physics
L'effet bridge ou fausse palmure : Attention aux substrats à "effet de croûte" (boue séchée en surface ou neige gelée en surface). Lorsqu'un animal brise cette pellicule, des morceaux de substrat restent parfois coincés entre les doigts ou ne s'effondrent pas, créant une fosse palmure parfaitement illusoire. Ce pontage mécanique peut facilement transformer une empreinte de Pékan (Fisher) en une trace de Loutre. Ce phénomène se produit en général dans un substrat hétérogène : une couche de surface dure (la croûte) surmontant une couche meuble. Cette couche plus dure agit comme une plaque structurelle qui casse uniformément sous la pression des doigts. Le résultat est une empreinte monobloc avec plus ou moins de relief et cette membrane qui relie tous les doigts.
The Bridge Effect or False Webbing: Beware of "crust-effect" substrates (surface-dried mud or surface-frozen snow). When an animal breaks through this thin film, pieces of the substrate sometimes remain stuck between the toes or fail to collapse, creating a perfectly illusory false webbing. This mechanical bridging can easily transform a Fisher’s track into that of an Otter. This phenomenon typically occurs in a heterogeneous substrate: a hard surface layer (the crust) topping a soft layer. This harder layer acts as a structural plate that breaks uniformly under the pressure of the toes. The result is a single-block print with varying degrees of relief and this membrane-like feature that connects all the toes.
La distorsion par glissement : l'illusion de forme
Le substrat glissant est une cause fréquente d'erreurs d'identification. Lorsque l'appui de l'animal n'est pas stable, la trace s'étire et ses caractéristiques anatomiques se déforment jusqu'à suggérer une tout autre espèce.
- Le "faux blaireau" : Sur une légère pente ou un sol irrégulier, le pied d'un chien peut glisser vers l'arrière lors de la phase de progression. Ce mouvement étire les marques des griffes sur plusieurs centimètres, créant de longues rainures parallèles qui évoquent alors les griffes puissantes d'un animal fouisseur comme le blaireau.
- Allongement des sabots : À l'inverse, si le sabot d'un chevreuil glisse vers l'avant (les cervidés sont capables de faire des glissades spéctaculaires), les pinces s'allongent artificiellement. La trace résultante pouvant faire croire à un animal au pied plus long comme un daim ou un jeune cerf
- Le canidé "félinisé" : quand le pied d'un canidé glisse vers l'avant, les pelotes digitales s'étirent et le bourrelet de matière (boue ou neige) poussé par le glissement vient remblayer le trou des griffes. On se retrouve alors avec une pelote métacarpale plus imposante, aux pelotes allongées et sans griffes apparentes : l'empreinte presque parfaite du félin
En bref, mieux vaut chercher l’empreinte la plus statique possible ou bien connaître ses variations, tout en gardant à l'esprit qu'une trace n'est jamais que ce que le substrat accepte de nous montrer. »
Slippage Distortion :The Illusion of Form
Slippery substrates are a frequent cause of identification errors. When an animal's footing is unstable, the track stretches and its anatomical features distort until they suggest an entirely different species.
- The "False Badger": On a slight slope or uneven ground, a dog's foot may slip backward during its forward movement. This motion stretches the claw marks over several centimeters, creating long, parallel grooves that evoke the powerful claws of a fossorial animal like a badger.
- Hoof Elongation: Conversely, if a roe deer's hoof slips forward (deer are capable of some spectacular slides), the cleaves are artificially elongated. The resulting track can lead you to believe it was made by an animal with longer feet, such as a Fallow Deer or a young Red Deer.
- The "Feline" Canid: When a canid's foot slips forward, the digital pads stretch and the ridge of material (mud or snow) pushed by the slide backfills the claw marks. You are then left with a more prominent metacarpal pad, elongated digital pads, and no visible claws: the spitting image of a feline.
In short, it’s best to find the most static print possible or know its variations inside out, keeping in mind that a trace is only ever what the surface chooses to show us
L’objectif n’est pas de se laisser déstabiliser par toutes ces recommandations, mais de les voir comme des outils à votre disposition. En fin de compte, l'erreur ne doit pas être crainte. Se tromper est souvent le moment le plus fertile de l'observation : c'est là que s'arrête la certitude et que commence le véritable apprentissage. C'est en décortiquant nos propres méprises que l'erreur devient un véritable moteur de progression pour affiner notre regard de naturaliste.The goal is not to be discouraged by all these recommendations, but to see them as tools at your disposal. Ultimately, error is not something to be feared. Making a mistake is often the most fertile moment of observation: it is where certainty ends and true learning begins. It is by deconstructing our own misconceptions that error becomes a true engine for progress in sharpening our naturalist's eye.
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Durbec des sapins, Pinicola enucleator
- Le 12/11/2025
- Dans Traces pour référence /Tracks for Reference
Pine Grosbeak

Les Durbecs des sapins, les Sizerins flammés et les Bec-croisés bifasciés se rassemblent souvent sur les routes du Yukon en hiver. Ils y trouvent du gravier à avaler, essentiel à la digestion des graines, et peuvent également ingérer du sel occasionnellement . Les chasse-neige exposent aussi des graines et du sable autrement enfouis sous la neige. Ce comportement les rend toutefois vulnérables aux véhicules, car ils ne sont pas toujours réactifs, et il arrive que plusieurs individus soient fauchés par un seul véhicule.
Pine Grosbeaks, along with Common Redpolls and White-winged Crossbills often gather along roads in the Yukon during Winter. They pick up grit to help grind seeds in their gizzards and might sometimes ingest salt. Snowplows also expose sand and seeds that would otherwise be buried. Unfortunately, this habit also makes them vulnerable to traffic, as they are not always very reactive, and several individuals can be struck by a single vehicule.

La neige humide du bord de la route a gardé les empreintes délicates de ces magnifiques oiseaux,
témoins de leur activités matinales
The wet snow by the roadside captured the gentle footprints of these magnificent birds,
witnesses to their morning activities.

Dimensions : 5,7 cm x 1,2 cm
Angle des doigts 2 et 4 : 40 - 60 degrés
Size : 5.7 cm x 1.2 cm (2.2 x 0.5 in.)
Outer toe angle : 40 - 60 degrees

Largeur de la voie : 4,5 - 4,8 cm
Distance entre chaque bond : 16 cm
Straddle : 4.5 - 4.8 cm (1.8 - 1.9 in.)
Distance between hops : 16 cm (6.3 in.)

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La loutre de rivère, Lontra canadensis
- Le 30/09/2025
- Dans Traces pour référence /Tracks for Reference
North American River Otter
Il y a quelques temps j'ai découvert des traces de loutre à la sortie d'un drainpassant sous un chemin entre deux marais, près de Little Fox Lakes. Les traces n'étaient
pas aussi caractéristiques que je l'aurais espéré,
mais elles ont été validées comme étant des traces de loutre
et possèdent les caractéristiques typique de l'espèce.
Some time ago, I came across some otter tracks
at the outlet of a drain running under a trail between two marshes
near Little Fox Lakes. The tracks weren't as distinctive as I hoped,
but they were confirmed to be otter tracks and dispaly the typical characteristics of the species
Dimensions : 6 cm x 6 - 7,2 cmSize : 6 cm x 6 - 7.2 cm (2.3 x 2.3 - 2.8 in.)


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Comprendre les allures chez quelques quadrupèdes
- Le 25/06/2025
- Dans Conseils pratiques/ Practical Tips
Understanding gaits in a few quadrupeds
“The paw prints showed a lope — steady and untiring. It was the gait of something that knew the wild.”
— Jack London, The Call of the Wild
Il suffit parfois d’une seule ligne dans la neige ou la boue pour entrevoir la silhouette d’un animal, son allure, son intention. Cette citation de Jack London résume avec poésie ce que le pistage nous offre : non pas seulement une identification, mais un lien direct avec le mouvement, le comportement, et même la mémoire du vivant.
J’ai mis longtemps avant d’écrire un billet sur les allures. Peut-être parce que j’ai mis tout aussi longtemps à les comprendre moi-même. Ce qui semble limpide dans les livres (les belles figures de trot, de galop ou de bond ) peut se transformer en véritable chaos sur le terrain, entre les pistes incomplètes, les caprices du substrat, et la multiplicité des espèces et des situations.
Le mouvement est l’une des caractéristiques les plus marquantes du règne animal. Du trot bond du lièvre variable dans la neige dans la neige au trot transversal d’un renard traversant une clairière, chaque espèce a développé des façons distinctes de se déplacer. Ces modes de déplacement, appelés allures, offrent non seulement un aperçu fascinant de la biomécanique, mais aussi des indices précieux pour les naturalistes, les vétérinaires en orthopédie ou simplement ceux qui admirent la nature.
Sometimes, a single line in the snow or mud is enough to glimpse the silhouette of an animal, its gait, its intention. This quote from Jack London poetically captures what tracking offers us: not just identification, but a direct connection to movement, behavior, and even the memory of the living.
It took me a long time to write a post about gaits. Perhaps because it took me just as long to understand them myself. What seems clear in books, those neat diagrams of trots, gallops or bounds, can quickly become utter chaos in the field, with incomplete tracks, the whims of the substrate and the diversity of species and situations.
Movement is one of the most striking characteristics of the animal kingdom. From the bounding trot of a snowshoe hare in fresh snow to the side trot of a fox crossing a clearing, each species has developed its own distinct way of moving. These modes of locomotion, known as gaits, offer not only a fascinating glimpse into biomechanics, but also valuable clues for naturalists, veterinary orthopedists, or simply those who admire the natural world.
Qu’est-ce qu’une allure ? What is a gait ?
Une allure est un schéma de mouvement des membres pendant la locomotion. Chez les quadrupèdes, cela fait référence à l’ordre et au rythme avec lesquels les membres antérieurs et postérieurs touchent le sol. Les allures varient en fonction de la vitesse, de la difficulté du terrain et de l’objectif (par exemple, marcher pour se nourrir, fuir ou capturer une proie).A gait is a pattern of limb mouvement during locomotion. Inquadrupeds, it refers to the order and rhythm in which the front and hind legs make contact with the ground. Gaits vary depending on speed, terrain difficulty, and purpose (for example, walking to forage, fleeing, or chasing prey)
Quelques allures courantes chez les quadrupèdes / Common Gaits in Quadrupeds
Pas / Walk
Allure lente et régulière où deux ou trois pieds sont toujours en contact avec le sol. Chaque pied bouge un à la fois. Le pas offre une grande stabilité grâce à un contact permanent avec le sol. Il permet une économie d'énergie, favorise la discrétion aussi bien pour les prédateurs que pour les proies, et donne un meilleur contrôle des mouvements (lenteur et régularité). Chez certains familles d'animaux (canidés, cervidés, félidés), la marche se caractérise par un phénomène appelé en anglais direct registering (jamais trouvé de bonne traduction en français). Cela signifie que le pied postérieur vient se poser exactement à l'endroit où le pied antérieur du même coté s'est posé juste avant. Ce mode de déplacement présente plusieurs avantages (économie d'énergie, réduction du bruit) et produit des pistes très propres où les empreintes semblent être parfaitement et régulièrement alternées.A slow and steady gait in which two or three feet are always in contact with the ground. Each foot moves one at a time. Walking offers a great stability thanks to constant ground contact. It is energy-efficient, promotes stealth (both for predators and prey) and provides better control of movement due to its slow and regular rhythme. In certain families (canids, cervids, felids), walking is characterized by a phenomenon known in English as direct registering. This means that the hind foot lands exactly where the front foot on the same side had just stepped.This mode of movement offers several advantages, including energy conservation and noise reduction, and it produces very clean trackways, where the prints appear perfectly aligned and evenly spaces.

La superposition de ces empreintes met en évidence le pas,
une allure lente et regulière
The overlapping prints reveal the walk, a slow and regular gait
Trot
Allure où les paires de membres diagonaux se déplacent ensemble (antérieur droit avec postérieur gauche, et inversement). Le trot est plus rapide que le pas permettant de couvrir une distance plus importante tout en restant moins énergivore que le galop. Le trot est une allure symétrique et binaire, souvent comparée à un rythme à deux temps. Chaque temps correspond à une diagonale (antérieur droit + postérieur gauche, puis l'inverse). Sur le terrain, le trot peut parfois être difficile à distinguer de la marche, en particulier chez les animaux de petites tailles. Il se caractérise toutefois par une voie plus étroite (les pieds sont plus alignés sur l'axe de déplacement) et par un allongement de la foulée, signes d'une allure plus dynamique.A gait in which diagonal pairs of limbs move together (right front with left hind and vice versa). The trot is faster that the walk, allowing the animal to cover greater distances while still being less energy-consuming than the gallop. The trot is a symmetrical, two-beat gait, often compared to a two-step rhythm. Each beat corresponds to a diagonal pair (right front + left hind, then the opposite).In the field, the trot can sometimes be difficult to distinguish from the walk,especially in smaller animals. However, it is characterized by a narrower trail (feet more aligned with the direction of travel) and a lenghtening of the stride, signs of a more dynamic gait.
Amble
L'amble est un mot plutôt issu du lexique équestre. C' est une sorte de marche rapide dans laquelle les deux membres du même coté du corps se déplacent presque en même temps. C'est une allure relativement rare, qu'on observe chez des animaux comme le chameau, certains chevaux (allure de dressage) ou occasionnellement chez le chien . Ce type de déplacement assure un contact continu avec le sol, ce qui augmente la stabilité et permet une progression plus rapide qu'une marche ordinaire, tout en évitant les phases de suspension caractéristiques du galop. On confond parfois l'amble avec une autre allure latérale: le pacing. Bien que dans les deux cas les membres d'un même côté se déplacent ensemble, la différence réside dans le rythme et la synchronisation :- L'amble est une allure à quatre temps : les membres du même côté se succèdent avec un léger décalage, créant un mouvement fluide et ondulant.
- Le pacing, en revanche, est une allure à deux temps : les membres antérieur et postérieur d'un même côté bougent exactement en même temps produisant un balancement latéral du corps plus marqué (ex: raton laveur).
"Amble" is a term mostly used in equestrian contexts.It describes a kind of fast walk in which both limbs on the same side of the body move almost simultaneously. It's a relatively rare gait, observed in animals such as camels, certain horse breeds (as a trained dressage gait), and occasionally in dogs. This type of movement maintains continuous contact with the ground, which increases stability and allows for faster progression than a regular walk, while avoiding the aerial phases typical of the gallop.The amble is sometimes confused with another lateral gait : pacing. Although in both gaits the limbs on the same side move together, the difference lies in rhythm and timing :
-The amble is a four-gait where the limbs on the same side move one after the other with a slight delay, creating a smooth swaying motion
- Pacing, on the other hand, is a two-beat gait where the front and hind limbs on the same side move at exactly the same time, producing a more pronounced sway of the body (e.g.,raccon).
Galop / GallopAllure rapide et asymétrique où les quatre pieds quittent le sol pendant une partie du cycle. On distingue notamment le galop transversal (cerfs, chevaux) et le galop rotatif (guépards, chiens). Le galop est une allure rapide mais coûteuse en énergie, utilisée de manière ciblée. Il permet des accélérations soudaines, utiles en situation de stress ou de compétition (prédateurs, conflits, fuite). Cette allure très rapide sollicite intensément le rachis, notamment par l'alternance de flexion et d'extension du dos, ce qui permet de maximiser l'allongement de la foulée mais au pris d'un effort important. Visuellement le galop, comme le bond, se caractérise au sol par une succession de groupes d'empreintes bien marqués, séparés par des intergroupes, c'est-à-dire des espaces sans empreintes correspondant aux phase de suspensions (phase aérienne). En fonction de la vitesse, la disposition des pieds au sein de chaque groupe peut varier : au petit galop, les membres antérieurs et postérieurs atterrissent plus près les uns des autres , formant un groupe plus compact, tandis que l'intergroupe, c'est-à-dire la distance entre les deux ensembles successifs d'empreintes, reste relativement court. A mesure que la vitesse augmente, ces distances tendent à s'allonger, les empreintes s'écartent et les phases de suspensions s'allongent. Certains intergroupes peuvent êtres spectaculaire par leur longeur notamment chez de grands animaux au galop allongé comme le cerf ou certains lévriers de grandes tailles, chez qui les phases aériennes génèrent de vastes espaces sans empreintes.
A fast and asymmetrical gait in which all four feet leave the ground during part of the cycle. Two main types are commonly distinguished: transverse gallop (seen in deer and horses) and rotary gallop (used by cheetahs and dogs). Galloping is a rapid but energy-intensive gait, typically used in specific situations. It allows for sudden bursts of speed, which are useful in moments of stress or competition (such as chasing, fleeing, or conflict). This high-speed gait places significant strain on the spine, especially due to the alternating flexion and extension of the back, which maximizes stride lenght at the cost of substantial effort. Visually, like bouding,galloping is characterized on the ground by a series of thightly grouped prints, separated by intergroups, stretches of empty space corresponding to suspension phases, when the animal is airborne. depending on the speed, the arrangement of the feet withing each group may vary. At slower gallops, the front and hind feet land closer togerther, forming a more compact group, and the intergroup (the space between two sets of prints) remains relatively short. As speed increases both the stride length and the suspension phases grow: the prints spread farther apart, and the intergroups become longer. Some intergroups can be strikingly long in large animals performing and extended gallop such as red deer or large sighthounds where the aerial phases produce wide gaps with no prints at all.

Repérer des intergroupes dans une piste
permet de reconnaître instantanément les phases arériennes
caractéristiques du galop
Spotting intergroups in a trail allows immediate
recognition of the airborne phases characteristic of gallopping
Bond / Bound
Le bond est typique des rongeurs, lagomorphes avec de grandes variations entre ces deux groupes notamment au niveau du placement des empreintes des pieds avant. Chez un rongeur comme par exemple l'écureuil, elles restent généralement proches l'une de l'autre, souvent côte à côte, tandis que chez les lagomorphes, elles de placent l'une devant l'autre, formant une ligne presque rectiligne dans la voie.Les pieds arrière, quant à eux, se pose en général côte à côte, mais il existe de nombreuses exceptions liées à la nature du substrat, l'espèce ou à la vitesse de déplacement. Le bond repose sur de puissantes poussées des membres postérieurs. Il permet de progresser efficacement sur des surfaces instables, comme la neige épaisse ou la végétation dense, en limitant les contacts prolongés avec le sol. Il favorise aussi les changements de direction brusques utiles pour échapper à un prédateur ou se faufiler dans des milieux complexe. Le bond et le galop peuvent sembler similaires car ils produisent tous les deux des groupes d'empreintes séparés par des intergoupes, mais ils différent sur le plan biomécanique et fonctionnel (ordre des appuis, symétrie). Bien que certains mustélidés comme l'hermine ou la martre produisent des voies en groupe d'empreintes rappelant le bond, leur déplacement correspond en réalité à une forme hybride entre le galop et le bond. Il s'agit d'un galop très souple, adapté à leur morphologie allongée, avec une forte flexion du dos et des phases de suspensions produisant des regroupements d'empreintes similaires à ceux du bond, mais selon une mécanique asymétrique typique du galop.Bounding is typical of rodents and lagomorphs, though there are notable differences between these two groups, particularly in the placement of the front feet. In rodents like squirrels, the front feet usually land close together, often side by side, while in lagomorphs, they tend to land one in front of the other, forming a nearly straight line along the trail. The hind feet generally land side by side, though there are many exceptions depending on substrate conditions, species, or speed. Bounding relies on powerful thrusts from the hind limbs, allowing the animal to move efficiently across unstable surfaces such as deep snow or dense vegetation, minimizing prolonged ground contact. It also enables sharp directional changes, which can be useful for escaping predators or maneuvering through complex environments.Though bounding and galloping can look similar, both producing groups of prints separated by intergroups (gaps without tracks, caused by suspension phases), they differ biomechanically and functionally, particularly in terms of footfall sequence and symmetry. Interestingly, some mustelids like ermines or martens leave track patterns that resemble bounding, but their actual movement is a hybrid form between the gallop and the bound. This is a very flexible gallop, adapted to their elongated body shape, involving deep flexion of the spine and aerial phases that create print groupings similar to those of bounding ,but with the asymmetrical mechanics typical of a gallop.

Piste de lièvre dans la neige
Hare tracks in the snow
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Goéland à bec cerclé, Larus delawarensis
- Le 15/06/2025
- Dans Traces pour référence /Tracks for Reference
Ring-billed Gull

Dimensions : 4,3 cm x 5,5 cmAngle des doigts 2 et 4 : 90 degrés
Size : 4.3 cm x 5.5 cm (1.7 x 2.2 in.)
Outer toe angle: 90 degrees
Foulée : 25 cmLargeur de voie : 7 cm
Stride : 25 cm (9.9 in.)
Straddle : 7 cm (2.8 in.)

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Vison d'Amerique, Neogale vison
- Le 08/06/2025
- Dans Traces pour référence /Tracks for Reference
American Mink
Voici mes premières traces de vison d'Amérique trouvées lors de mon évaluation de pistage (Cybertracker), sous un pont à Durham en Ontario. Ces empreintes ont été laissées dans des substrats de dureté différente, ce qui explique leur apparence variée.
These were the first American mink tracks i found during my tracking evaluation (Cybertracker), under a bridge in Durham Ontario.the prints were left in substrates of varying hardness, which explains their different appearances.
Disposition des empreintes au galop.
Taille de l'empreinte du bas (pied avant droit) : 3,6 cm x 3 cm
Track pattern at a gallop
Size of the lower print (right front foot) : 3.6 x 3 cm (1.4 x 1.2 in.)
Piste du mustélidé: les étiques de couleurs permettent d'identifier
les différents pieds (L = left, F = front, R = right, H = hind)
Distance entre chaque bond (intergroupe): 24 cm
Mustelid track: the colored tags are used to identify the different feet
Distance between each bound: 24 cm

Sur sol dur, la forme en V du coussinet central et l'impression
du doigt 1 sont difficiles à discerner.
On les devine ici seulement.
On hard ground, the V-shape or chevron-shape
of the central pad and the impression
of digit 1 are hard to see. You can just barely make them out here
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Bernache du Canada, Branta canadensis
- Le 08/06/2025
- Dans Traces pour référence /Tracks for Reference
Canada Goose

Dimensions : 9,8 cm x 10 cmSize 9.8 cm x 10 cm (3.9 x 4 in.)
Largeur de la voie : 15 cm
Stride : 36 cm (14.2 in.)
Straddle : (6 in.)
Angle des doigts 2 et 4 : 70-85 degrésOuter toe angle : 70-85 degrees



