Ongulés sauvages

Le cerf élaphe, Cervus elaphus

The red deer

 

Le plus grand herbivore de nos forêts a connu un accroissement régulier de ses populations depuis les années 70 et ses traces ne sont pas rares, aujourd’hui, au cœur des grands massifs forestiers. Ce cervidé, très exigeant en matière d’espace, occupe des territoires très vastes. Contrairement au sanglier, il s’accommode assez mal de la présence humaine et ses populations restent confinées aux habitats « naturels ». C’est un animal lourd, au dimorphisme sexuel prononcé, particularité qui se retrouve au sein de l’empreinte. Le sexe peut d'ailleurs être determiné d'après cette dernière, chez les animaux adultes. La différenciation jeune cerf/biche est plus délicate et fait appel à l'examen minutieux de la voie. Les traces du cerf se rencontrent sur les chemins forestiers,  le long des parcelles forestières engrillagées, en lisière de certaines cultures et aux abords des points d'eau où l'animal vient se rouler. Ces grands cervidés ont une signature olfactive très marquée qui renseigne sur la fraicheur de la piste.

PA : Comme souvent chez les animaux présentant lourd à l'avant, l'antérieur est plus gros mais également plus écarté. Les "os", doigts vestigiaux, ne marquent que sur sol meuble ou lors de déplacements rapides. La pince située à l'extérieur de la voie, est à la fois plus longue et plus convexe.

PP : plus petit et plus étroit. Les pinces sont également moins écartées.

La voie : le cerf utilise tous types d'allure : pas, trot, galop. Au pas, le pied postérieur vient recouvrir l'antérieur avec parfois un léger décalage chez les jeunes sujets. Plus l'animal vieillit, fatigue, plus il se déjuge : le PP se pose en arrière du PA. Au galop les pinces s'ouvrent de façon significative et l'impression des os est visible. Les pieds se regroupent sous la forme d'un L renversé, postérieurs en tête. En hiver, les hardes se déplacent en longue processions, les mâles suivant prudemment leur harem.  

 


L'empreinte de l'animalL'empreinte du cervidé

Les dimensions : (L) 7,4 x (l) 5,13 cm,

pourraient correspondre à celles d'une biche

 

 

Autre empreinteAutre empreinte plus ancienne.

Cette dernière forme un ovale quasi parfait.

 

Empreinte de cervidé

Le pied est divisé par un filet

bien rectiligne

 

Traces de faon

Empreinte d'un jeune individu (environ 70 kg)

Dimensions : (L) 7,5 x (l) 4,5 cm.

On peut également noter la superposition d'une empreinte de chevreuil.

 

Trace de biche sur sol dur

Trace de biche sur sol dur

 

abroutissement du cerf élaphe

Une biche est venue déguster quelques feuilles de saule

 en bordure d’un étang

Ce qui surprend, lorsque l’on découvre ce type d’indices,

c’est la hauteur à laquelle on les trouve.

 

 

 

Comparaison sanglier cerf

Comparaison sanglier-cerf

A largeur égale, l'empreinte du cerf est plus allongée

Le talon est également mieux délimité

 

 

 

Impression de biche

Impression de biche.

(L) 8,2 x (l) 5,7 cm.

 

Impression de pieds de cerf

Impression de cerf adulte de 195 kilos

PA : (L) 10 x (l) 7 cm

PP : (L) 9 x (l) 6,2 cm

 

Le pied de l'animalMême chez la biche, on observe une différence notable de taille entre le PP et le PA

A gauche le postérieur ; à droite l'antérieur

 

 

MoulageMoulage d'une empreinte

 

 

Ecorçage d'hiver du cerf élaphe.

Les résineux en sont souvent victime

Recherche de tanins, déséquilibre alimentaire, aide à la digestion.

les causes sont souvent diverses.

L'écorçage se distingue du frottis par une blessure aux bords réguliers,

par l'absence de lambeaux d'écorce, pendants, non consommés.

La trace verticale des incisives est aussi bien visible.

 

Fumeecerf20150524 162410

Fumées de biche ou de faon

(L) 1,7 x (l) 1 cm

 

 

 

 

Le sanglier, Sus scrofa

The Wild boar

 

Animal aux mœurs crépusculaires et nocturnes, c’est à travers ses traces que l'on découvre les habitudes du suidé. La présence de ce dernier est conditionnée par plusieurs facteurs : zone de quiétude, points d’eau ainsi qu' un sol « malléable » en toutes saisons. Sylvestre de nature, il n’hésite nis à assiéger les cultures à maturité (blé, maïs), ni à chercher la protection des grandes roselières. Ces dernières offrent au sanglier, des bourbiers qui exacerbent ses qualités de fouisseur. 

La littérature nous enseigne que l’empreinte du sanglier est très facile à distinguer de celle du cerf. La réalité sur le terrain est tout autre. Les « gardes » (doigts vestigiaux chez le sanglier) sont loin de marquer systématiquement ; de plus, l’empreinte peut être déformée, partielle ou allongée en raison d'un glissement. Dans ce cas, les caractéristiques propres à l'espèce peuvent être difficiles à relever. Un animal peut sur 10 m de piste, dans un substrat changeant, laisser des empreintes de configuration très différente, précipitant le pisteur, dans un abîme de perplexité. L’estimation du sexe, réputée "facile" également, peut s’avérer délicate chez de jeunes animaux aux différences morphologiques encore peu contrastées. Ainsi, la piste, la recherche de boutis, la prise de mesures, restent les derniers éléments permettant la détermination de l' espèce. 

Le sanglier dispose de 4 doigts à chaque pied, mais les doigts 2 et 5 sont rudimentaires et disposés latéralement. Ces derniers sont beaucoup plus développés chez le mâle et s'impriment en biais dans le substrat alors qu'ils piquent verticalement chez la laie. 

PA : gardes plus proches du talon et plus longues que sur le PP. Chez les verrats adultes, l’espace entre ces dernières et supérieur à la largeur du pied, ce qui n’est pas le cas chez la laie qui possède des gardes plus resserrées et orientées dans l'axe des pinces. Les gardes, chez cette dernière, s’attachent plus haut sur le membre.

La partie interne de la pince, légèrement concave devant  l'éponge, confère au filet * un aspect sinueux et ventru, alors que ce dernier, chez le cerf, est toujours bien rectiligne. 

PP : les pinces sont généralement plus serrées.

Voie : les allures naturelles du sanglier sont le pas et le trot (même en cas de fuite) Le galop, présente peu d’affinité avec ses pattes courtes et sa morphologie longue et massive. Il est donc utilisé, en tout dernier ressort.

Marchant et trottant, le sanglier se juge : le postérieur vient superposer l'antérieur. Comme chez le cerf,  les animaux en vieillisant ont tendance à se déjuger * (caractéristique qui s' apprécie sur une bonne portion de piste). 

 

 

Trace dans le sableTrace de sanglier dans le sable.

Les gardes sont bien visibles et peuvent, par leur écartement, évoquer celles d' un mâle.

 

 

 

La voie du sanglierAnimal adulte au pas.

 

 

La voie d'un individu au galop.

 

 

Double impression

La double impression des pieds

Le pied postérieur (en bas), plus étroit, plus resserré.

 

Sanglier sans gardes

Les gardes sont loin de marquer systématiquement

Sur sol dur, elles sont souvent absentes 

 

Marcassin

Traces de marcassins dans la neige

avec impression des doigts postérieurs.

 

Pieds de l'animal

Les pieds du suidé

PP à gauche ;  PA à droite

Sur chaque pied, on peut noter une nette différence

de longueur entre les gardes. 

 

 

Sanglier 50 kilos

Impression de sanglier (environ 50 kg)

Dimensions : (L) 5,8 x (l) 4,40 cm

Gardes, non incluses dans le mesurement.

 

Impression de bête rousse (gardes non visibles)

 

En bord de rivière

Souille, en bordure de rivière. 

Cette dernière est la baignoire du sanglier, elle assure la régulation thermique de l'animal

dont les glandes sudoripares sont atrophiées.

 

Souille

Une autre souille, avec cette fois l'empreinte du corps de l'animal,

il arrive que des poils restent piégés dans la boue.

 

CreusementBulbe d'ornithogale (asperge des bois) déterré par un sanglier.

Lors de leur apparition en été, les animaux peuvent retourner des pans entiers de sol forestier. 

 

frottoir.jpg

Frottoir à sanglier.

Les sangliers aiment se frotter contre les résineux.

La résine est probablement recherchée, pour ces propriétés antiparasitaires et antiseptiques.

Les vieux poteaux en bois, traités à la créosote, ont le même pouvoir attractif.

 

 

resine.jpg

Il n'est pas rare de trouver quelques longues soies, agglutinées par la résine.

 

 

trace de défensesParfois, des coups de défenses sont portées lorsque l’animal frotte ses joues.

Le tronc se transforme alors en borne olfactive.

 

Bauge du sanglier

La couchette du sanglier s'appelle la bauge,

souvent improvisée là où l'animal décide de se poser dans la journée.

On la trouve de préférence dans des zones denses, séches, abrités du vent et surtout calmes

Elle n'est jamais très loin d'un point d'eau

Certaines bauges peuvent être collectives (laie avec ses petits)

 

 

 

laie-plus-marcassin-1.jpg

Moulage : laie et marcassin (rayé)

Le pied de la femelle est plus rectangulaire que celui du mâle.

Ici, les gardes n'ont pas laissé d'impression, comme souvent chez la laie

Léger glissement du pied vers l'avant.

 

Les laissées du sanglier abandonnées sur une vasière.

Dimensions : (L) 6 x (l) 4 cm

Seul le diamètre des fecès est représentatif de l'espèce.

La longueur, quant à elle, peut varier considérablement et dépend de la quantité d'aliments ingérés.

Attention toutefois aux laissées de jeunes animaux dont les dimensions sont moindres

 

 * voir glossaire

Le chevreuil, Capreolus capreolus

The European roe deer

 

Ce petit cervidé affectionne les milieux variés (feuillus,conifères) aux lisières bien découpées. Comme beaucoup d'espèces, il apprécie les zones de transition entre différents milieux (écotones) pour leur diversité végétale. Durant la journée, plutôt inactif, il se remise alors dans des zones très denses (gaulis, taillis) qui lui procurent fraîcheur et sécurité. La chevrette est souvent la première à apparaître en lisière, le brocard, plus méfiant, sort tardivement. Mâles et femelles sont extrêmement territoriaux de mars à août.

L' empreinte est assez caractéristique par ses dimensions et le risque de confusion avec d'autres espèces, assez peu probable. Attention toutefois au marcassin dont les gardes ne marquent pas, mais dont la foulée est différente. En cas de doute, rappelez vous que le pied du marcassin est plus rond et ses pinces plus écartées (démarche véloce, jeunes individus). Enfin, les sangliers sont des animaux grégaires et les autres membres du cortège ne sont jamais bien loin...

PA : Petite empreinte pointue, triangulaire et convexe. Le PA du brocard est en théorie plus gros que le PP, mais cette caractéristique est surtout visible chez des individus âgés, au dimorphisme sexuel marqué. La chevrette posséderait un pied plus effilé et des pinces plus pointues, mais ce critère est parfois difficile à relever sur le terrain.

PP : Sur ce dernier les doigts vestigiaux (appelés également "os") s'attachent beaucoup plus haut sur la jambe. Ces derniers, marquent d'ailleurs assez souvent en terrain mou (terre labourée, sable) ou dans le cas d'un déplacement rapide. Au pas, les pinces du PP sont généralement plus resserrées que celles du PA.

Voie : L'animal est connu pour le polymorphisme de ses voies. Au pas, le petit cervidé se juge, avec parfois un léger décalage : le PP se pose très légèrement en retrait du PA. Au galop, les pieds se regroupent sous la forme d'un 4 renversé. L' écart en chaque groupe d'empreintes, peut alors être considérable (jusqu'à 4 m).

 

empreinte chevreuilEmpreinte bien dessinée, sur sol dur

 

Pied d'une petite chevrettee

Empreinte de chevrette

(L) 3,5 x (l) 2,3 cm

Les pinces du pied avant sont souvent plus écartées que celles du pied arrière

car elles supportent le poids de la tête est du cou.

L’écartement des pinces chez les cervidés est déterminé par

le poids appliqué sur les pinces

et l’allure utilisée par l’animal

 

 

La voieVoie de l'animal au pas dans le sable.

Foulée 70 cm.

 

Chevreuil au galop

Au galop

 

Petit galop

Petit galop

(quelques bonds tranquilles)

 

FaonL'empreinte du faon, minuscule, visible en mai-juin sur les chemins

Dimensions : (L) 2,6 x (l) 2 cm

 

 

Empreinte de brocard au bond

Empreinte de brocard fuyant

Au galop, au bond, les pinces s'écartent considérablement ;

les os et parfois même les tissus interstitiels

s'inscrivent dans l'empreinte.

Sur une trace fraîche, l'impression des poils peut être visible

L' écartement de l'extrémité des pinces, peut alors atteindre 3 cm.

Alors que celui des os, ne dépassent jamais 5 cm.

 

Difference de terrain

L’usure des pinces dépend beaucoup de la nature du terrain sur lequel les animaux évoluent.

Ici deux chevreuils de même âge, occupant des milieux différents

 

Comparaison antérieur, postérieurSur le pied antérieur (à droite), les os s'attachent plus près du talon

et sont nettement plus volumineux.

L'onglon qui recouvre ces doigts vestigiaux présente une face plane (celle qui fait face à l'autre)

et une face convexe, orientée vers l'extérieur.

 

Chevreuil

Moulage de l'empreinte

 

Chevreuil marcassin

Comparaison : chevreuil adulte et marcassin.

 

Frottis

L'effort alloué au marquage du territoire est à son apogée de juin à juillet

les brocards lacèrent alors les jeunes arbres en utilisant leurs bois.

Se faisant, il dépose les sécrétions produites par les glandes frontales (situées entre les bois)

 

Branche cassée

Il arrive que le plant ne résiste pas à la frénésie de l'animal et cède.

Le frottis, est souvent associé à un gratis triangulaire au sol,

dans lequel apparaît parfois, le sillon formé par les sabots.

 

Jeune arbre fracassé

Malgré sa petite taille, un brocard peut faire des dégâts spectaculaires

sur les jeunes résineux

 

couchette

Couchette de chevreuil en sous-bois (à ne pas confondre avec le gratis).

Le chevreuil dégage souvent le sol avant de se coucher.

 

Gros plan

L'impression des pattes antérieures est visible,

ici quelques poils reposent au fond de la dépression. 

 

Abroutis chevreuil

Exemple d'abroutissement réalisé par le cervidé sur un cornouiller.

Ce dernier est beaucoup consommé en été.

Le chevreuil est avant tout un animal de bordure.

C'est donc en lisière de forêt que se concentrent ces indices.

 

 

Le daim, Dama dama

The fallow deer

 

 

 

daim.jpg(L) 6,5 x(l) 3,5 cm

Le pied du daim est mince et long,

ce qui le différencie des autres cervidés

 (une sorte de gros chevreuil dont on aurait étiré le pied).

 

Daim adulte

Individu adulte

(L) 7,8 x (l) 4,7 cm

 

Gros daim 2

 

Jeune individu

Jeune daim

(L) 4,4 x (l) 2,8 cm

Pourrait facilement être pris 

pour un chevreuil

L'empreinte de ce dernier

semble avoir davantage une forme de coeur 

 

 

Empreinte de daimNégatif en plâtre 

 

comparaison-pied-chevreuil-daim-1.jpg

Ci dessus : le pied du daim est plus allongé que celui du chevreuil

Attention toutefois au jeune daim, dont le pied serait plus ramassé

 

Fumées de daim

Fumées de daim très fraîches. Concave à une extrémité avec un apex de l'autre. 

(design adopté par les deux sexes : prudence!)

 

Fumée de daim

Fumées sous forme de boudin globuleux (juillet)

(L) 8,5 x (l) 3,2 cm

vertèbresQuelques ossements dispersés sur un lek (place de rassemblement) : vertèbres cervicales

De l'axis à gauche, jusqu'à la septième cervicale.

 

Table d'usure

Ainsi qu'un os maxillaire dont l'usure importante des molaires et prémolaires

désigne un individu âgé