Le sanglier, Sus scrofa

The Wild boar

 

Animal aux mœurs crépusculaires et nocturnes, c’est à travers ses traces que l'on découvre les habitudes du suidé. La présence de ce dernier est conditionnée par plusieurs facteurs : zone de quiétude, points d’eau ainsi qu' un sol « malléable » en toutes saisons. Sylvestre de nature, il n’hésite nis à assiéger les cultures à maturité (blé, maïs), ni à chercher la protection des grandes roselières. Ces dernières offrent au sanglier, des bourbiers qui exacerbent ses qualités de fouisseur. 

La littérature nous enseigne que l’empreinte du sanglier est très facile à distinguer de celle du cerf. La réalité sur le terrain est tout autre. Les « gardes » (doigts vestigiaux chez le sanglier) sont loin de marquer systématiquement ; de plus, l’empreinte peut être déformée, partielle ou allongée en raison d'un glissement. Dans ce cas, les caractéristiques propres à l'espèce peuvent être difficiles à relever. Un animal peut sur 10 m de piste, dans un substrat changeant, laisser des empreintes de configuration très différente, précipitant le pisteur, dans un abîme de perplexité. L’estimation du sexe, réputée "facile" également, peut s’avérer délicate chez de jeunes animaux aux différences morphologiques encore peu contrastées. Ainsi, la piste, la recherche de boutis, la prise de mesures, restent les derniers éléments permettant la détermination de l' espèce. 

Le sanglier dispose de 4 doigts à chaque pied, mais les doigts 2 et 5 sont rudimentaires et disposés latéralement. Ces derniers sont beaucoup plus développés chez le mâle et s'impriment en biais dans le substrat alors qu'ils piquent verticalement chez la laie. 

PA : gardes plus proches du talon et plus longues que sur le PP. Chez les verrats adultes, l’espace entre ces dernières et supérieur à la largeur du pied, ce qui n’est pas le cas chez la laie qui possède des gardes plus resserrées et orientées dans l'axe des pinces. Les gardes, chez cette dernière, s’attachent plus haut sur le membre.

La partie interne de la pince, légèrement concave devant  l'éponge, confère au filet * un aspect sinueux et ventru, alors que ce dernier, chez le cerf, est toujours bien rectiligne. 

PP : les pinces sont généralement plus serrées.

Voie : les allures naturelles du sanglier sont le pas et le trot (même en cas de fuite) Le galop, présente peu d’affinité avec ses pattes courtes et sa morphologie longue et massive. Il est donc utilisé, en tout dernier ressort.

Marchant et trottant, le sanglier se juge : le postérieur vient superposer l'antérieur. Comme chez le cerf,  les animaux en vieillisant ont tendance à se déjuger * (caractéristique qui s' apprécie sur une bonne portion de piste). 

 

 

Trace dans le sableTrace de sanglier dans le sable.

Les gardes sont bien visibles et peuvent, par leur écartement, évoquer celles d' un mâle.

 

 

 

La voie du sanglierAnimal adulte au pas.

 

 

La voie d'un individu au galop.

 

 

Double impression

La double impression des pieds

Le pied postérieur (en bas), plus étroit, plus resserré.

 

Sanglier sans gardes

Les gardes sont loin de marquer systématiquement

Sur sol dur, elles sont souvent absentes 

 

Marcassin

Traces de marcassins dans la neige

avec impression des doigts postérieurs.

 

Pieds de l'animal

Les pieds du suidé

PP à gauche ;  PA à droite

Sur chaque pied, on peut noter une nette différence

de longueur entre les gardes. 

 

 

Sanglier 50 kilos

Impression de sanglier (environ 50 kg)

Dimensions : (L) 5,8 x (l) 4,40 cm

Gardes, non incluses dans le mesurement.

 

Impression de bête rousse (gardes non visibles)

 

En bord de rivière

Souille, en bordure de rivière. 

Cette dernière est la baignoire du sanglier, elle assure la régulation thermique de l'animal

dont les glandes sudoripares sont atrophiées.

 

Souille

Une autre souille, avec cette fois l'empreinte du corps de l'animal,

il arrive que des poils restent piégés dans la boue.

 

CreusementBulbe d'ornithogale (asperge des bois) déterré par un sanglier.

Lors de leur apparition en été, les animaux peuvent retourner des pans entiers de sol forestier. 

 

frottoir.jpg

Frottoir à sanglier.

Les sangliers aiment se frotter contre les résineux.

La résine est probablement recherchée, pour ces propriétés antiparasitaires et antiseptiques.

Les vieux poteaux en bois, traités à la créosote, ont le même pouvoir attractif.

 

 

resine.jpg

Il n'est pas rare de trouver quelques longues soies, agglutinées par la résine.

 

 

trace de défensesParfois, des coups de défenses sont portées lorsque l’animal frotte ses joues.

Le tronc se transforme alors en borne olfactive.

 

Bauge du sanglier

La couchette du sanglier s'appelle la bauge,

souvent improvisée là où l'animal décide de se poser dans la journée.

On la trouve de préférence dans des zones denses, séches, abrités du vent et surtout calmes

Elle n'est jamais très loin d'un point d'eau

Certaines bauges peuvent être collectives (laie avec ses petits)

 

 

 

laie-plus-marcassin-1.jpg

Moulage : laie et marcassin (rayé)

Le pied de la femelle est plus rectangulaire que celui du mâle.

Ici, les gardes n'ont pas laissé d'impression, comme souvent chez la laie

Léger glissement du pied vers l'avant.

 

Les laissées du sanglier abandonnées sur une vasière.

Dimensions : (L) 6 x (l) 4 cm

Seul le diamètre des fecès est représentatif de l'espèce.

La longueur, quant à elle, peut varier considérablement et dépend de la quantité d'aliments ingérés.

Attention toutefois aux laissées de jeunes animaux dont les dimensions sont moindres

 

 * voir glossaire

a

mammifères Les milieux aquatiques Bois et forêts Espaces cultivés Ongulés sauvages