mammifères

Le raton laveur, Procyon lotor

The racoon

 

Sincèrement merci à Julien Bechereau de m’avoir permis, lui et ses amis québecquois de trouver les photos permettant d'illustrer cette espèce. Même si la présence du raton laveur est aujourd’hui accidentelle, sa progression sur le sol français est quant à elle, bien réelle.

Les régions de l’Aisne, la Marne, l’Oise abritent aujourd'hui, le foyer le plus important.

Cet animal souffre d’une assez mauvaise réputation en Amérique du nord. Poubelles bruyamment renversées, poulaillers visités, gazon labourés, occupation des greniers, câbles électriques mâchés font partie des nombreux faits qui lui sont reprochés. Aussi des mesures ont été prises immédiatement en France pour enrayer sa propagation mais en vain. Le raton étant discret de nature, ses dégâts s’apprécient généralement au petit jour en découvrant ses empreintes.

 

Si l’impression du pied est bonne, la trace du raton laveur, assez typique ne pose pas de gros problèmes d'identification. On trouvera cette dernière le long d’un cours d’eau, d’un lac, d’une roselière. Le procyonidé passe sa journée à l’abri d’une cavité et se rend sur ses zones de gagnage à la nuit tombée en utilisant son réseau de coulées bien dessinées. Sa présence sera confirmée par différents indices trouvés sur le terrain : empreintes, terre grattée, latrines, traces de griffes sur les arbres.

 

PA : ressemble à une petite main humaine aux extrémités bulbeuses, comme pour la plupart des procyonidés les griffes ne sont pas rétractiles et apparaissent dans l’empreinte. Toutefois cette impression n’est pas systématique et dépend de la nature du substrat. Cette main est équipée de cinq doigts, le plus court, assez semblable à notre pouce est dirigé vers le centre de la voie. Ce doigt s’attachant plus bas, il renforce l'asymétrie de l’empreinte et il est alors assez facile de distinguer le PP du PA. L'arrière de la paume de la main est concave.

 

PP: l’essentiel de la masse du plantigrade étant réparti à l’arrière du corps, le pied postérieur a tendance à marquer plus fermement  le substrat. Le talon marque souvent, ce qui accentue la longueur de l’empreinte, mais son impression n’est pas systématique. Le PP présente lui aussi de 5 doigts mais ces derniers sont sensiblement plus courts et moins écartés que ceux du PA. Le doigt 1 (notre gros orteil), localisé à l’intérieur du pied est le doigt le plus court. Les traces de griffes sont aussi visibles sur l'empreinte du PP.

 

Voie : le raton utilise très peu le trot, ses allures favorites sont la marche et le bond (galop)

Les empreintes lors de la marche se groupe deux par deux, conférant à la piste une disposition tout à fait particulière. Ce duo d’empreinte est composé d’une empreinte de patte avant associée avec celle d’une patte arrière mais du côté opposé! La foulée mesure entre 20 et 35 centimètres pour une largeur de voie de 10 centimètres environ.

Des traces de jeunes individus peuvent être rencontrées entre avril et juin, l'empreinte du pied avant mesure 4, 5 cm de large.

 

 

 

Empreinte de raton laveur

Le duo d'empreintes du procyonidé ( photo : @Morri. H Quebec)

En bas : pied avant gauche ; en haut : pied arrière droit

Dimensions d'un individu de belle taille :

PA : (L)  6,9 x ( l ) 7,5 cm

PP : (L) 7,9 x ( l ) 7,7 cm

 

Piste de raton

 

Piste du raton laveur ( photo : @ R.T Quebec)

dans son habitat privilégié.

 

Retouchee

Le raton laveur amble lors de la marche.

Sur ce shéma le pied avant droit et arrière droit avance simultanément

Les pieds avant gauche et arrière droit

s'impriment l'un à côté de l'autre (dans le cercle)

donnant cette piste si carctéristique

 

PA droit

La partie arrière du PA

est concave

L'empreinte  est presque humaine

 

Impression raton laveur

Jeune individu

A gauche PA ; à doite PP

Dimensions

PA : (L) 4 x (l) 4,9 cm

PP : (L) 6 x (l) 5 cm

 

Le mouton, Ovis aries

 

 The sheep

 

 

Trace de mouton

 

Empreinte de mouton

 

Empreinte de mouton

Dimensions : (L) 6,00 x (l) 4,8 cm

 

Piste

 

Trace de mouton

Phoque sp

 

Traces de phoque photographiées en baie d'Authie, à marée basse (en l'absence de l'animal)

Deux espèces fréquentent le site : le phoque gris Halichoerus grypus 

ainsi que le veau-marin  Phoca vitulina vitulina

 

Empreintes de phoque

Le déplacement "en chenille " du pinnipède

Seuls la trace du ventre et des membres thoraciques

sont bien marqués

Largeur de la voie : 50 cm

"Foulée" : 50 cm

 

phoque indices

Reposoir

 

La martre des pins, Martes martes

The Pine Marten

 

Empreintes de martre

Empreintes de martre dans le sable

Dimensions : (l) 5, 5 x (L) 6,6 cm  (PA)

 

Martre au galop (bond)

Le mustélidé au galop 

Espace entre chaque bond : 56 cm

Largeur de la voie : environ 14 cm

 

Bonds de la martre dans le sable

La même piste un peu plus loin

La vache, Bos taurus

Relevant un jour quelques traces le long d’un cloisonnement forestier, je tombe sur une empreinte totalement hors catégorie. Alors relativement néophyte en la matière, je fais ma revue de toutes les créatures susceptibles d’exhiber une telle empreinte (sans exclure le sanglier d’Erymanthe ou le minotaure de Dédale, deux options tout à fait raisonnables). Alors que je considère accroupi cette trace insolite, le roncier gonfle brusquement et dans un fracas végétal laisse jaillir 650 kilos de vache horrifiée. Jugement obscurci par le contexte, j'étais loin de m'imaginer que l'auteur de ce baguenaudage intrusif, pouvait être une simple génisse en quête d’indépendance.

Le ruminant, pris en filature se comporte un peu comme l’éléphant en Afrique : il broute - 80 bouchées par minute- défèque de façon tout aussi chronique, et se faisant, laisse sur son passage une multiplicité d'indices.

 

Découvrons en quelques uns. 


Empreinte de charolaise

Une empreinte très ronde.

Lorsque le filet s’efface, elle prend presque une apparence équine. 

Dimensions : (L) 12 x (l) 10,9 cm.

 

Veau 40 kg

Empreinte de veau d'environ 35 kg

Dimensions : (L) 6,2 x (l) 5,4 cm.

Ressemble à s’y méprendre à un pied de sanglier sans les gardes.

 

 

Bain de poussière

A l’instar de ses cousins sauvages,

le bison, le buffle,

la vache adore se rouler dans la poussière.

Excellente thérapie qui éloigne provisoirement

les parasites ou qui favorise un séchage rapide.

 

Empreinte profonde

Seuls les sols profonds conservent l' impression des ergots

sous la forme de marques rondes.

 

Abroutissement

Les arbustes qui se pensent exempts du piétinement

ne sont pourtant pas à l’abri d’un abroutissement .

Les bordures forestières situées le long des pâturages

sont taillées comme au cordeau. 

 

 

 

Le rat musqué, Ondatra zibethicus

The muskrat

 

En créant ce site, je pensais pouvoir trouver facilement les traces de ce rongeur assez répandu. Les découvrir, ne devait être, selon moi, qu'une simple formalité. Pour diverses raisons, cette recherche se montra plus ingrate que je ne l’imaginais. Dans mon « quelque part », rats musqués et ragondins occupent plus ou moins les mêmes milieux. Leurs empreintes ne sont pas toujours faciles à déterminer. Autre difficulté, même si le rongeur est connu pour ses excursions occasionnelles dans certaines cultures, il remonte assez peu sur les berges. Lit du ruisseau, zones d’atterrissement, sont des endroits d'où il tire facilement sa pitance. Ainsi, sauf dans quelques situations particulières : couche de neige sur un étang gelé, étang mis en assec, les traces laissées par le rongeur ne sont pas Légion.

Quel pourrait être l’habitat idéal pour le rat-musqué ? Probablement un milieu aquatique dont l’écoulement serait régulier, et dont les berges seraient richement pourvues en végétation. L’animal redoute ces crues qui balaient ses huttes et inondent ses terriers, ainsi que ces grands froids qui figent l’eau en profondeur.

Quelle serait maintenant la meilleure époque pour se familiariser avec ses indices ? Sans hésiter : de mai à juin, période durant laquelle il s'exibe même en plein jour. C’est en effet à cette époque qu’on l’observe fréquemment ondoyer le long du ruisseau, poussant devant lui, une imposante cargaison végétale. 

Par son mode de vie le rat musqué rappelle souvent le castor, dont il usurpe aujourd'hui les niches écologiques. Son empreinte est conforme à la disposition classique des rongeurs, à savoir une impression en forme d'étoile ainsi qu'une grande disparité de taille entre les pieds antérieurs et postérieurs. Terrassier dans l'âme, le rongeur possède des griffes très développées qui s'impriment nettement dans l'empreinte. D'ailleurs quand il ne charrie pas des végétaux, il creuse dans le lit du ruisseau, jusqu'à disparaître dans un nuage de vase.

PA : 5 doigts. Le pouce, minuscule, phagocyté par la main, est à peine perceptible dans l'empreinte. Les griffes sont particulièrement longues, surtout celle du doigt 3 qui atteint presque 1 cm. Pelotes interdigitales noyées dans une masse confuse. La main présente au niveau du poignet 2 pelotes carpiennes de grande taille (l'une est plus basse que l'autre). Une ligne de poils natatoires est présente sur la bordure extérieure du doigt 5. 

PP : 4 doigts. Les griffes sont encore plus longues que sur le pied antérieur (1 cm). La longueur du pied, talon compris, peut atteindre 7 cm. Une frange de poils natatoires ceinture chaque doigt et se prolonge jusqu'au talon. Ces poils sont nettement plus developpés sur la face interne du pied. Présence de 4 pelotes interdigitales très peu saillantes. Le pied présente, sur sa face interne, une pelote de grande taille qui s'étire frontalement. L'ensemble du pied, des doigts, semblent se courber naturellement vers l'intérieur. 

Voie : Lors de la marche le PP, s'imprime vers l'intérieur et se pose légèrement en retrait du PA. Il est rare que ce dernier s'imprime en totalité. Dans la neige, des trainées peuvent être créées par les pattes et la queue. Son allure naturelle est la marche, bond et galop sont généralement réservés à la fuite. Lors d'une marche rapide, le pied postérieur peut venir s'imprimer en avant de l'antérieur. 

 

Empreintes 1

Quelques impressions partielles sur le bord d'un canal.

 

Empreinte 2

L'examen approfondi de l'empreinte révèle une sorte de liseré autour des doigts,

ce dernier est formé par l'impression des poils natatoires.

 

Voie du rat musqué

Foulée : 25 cm

Largeur de voie : 7,5 cm

Coulée de rat musqué

Coulée qui remonte vers le terrier

 

Details

Le duo PP-PA

 

PP rat musqué

La patte postérieure du rongeur.

 

Rat musqué au pas

La queue, aplatie latéralement comme une anguille,

marque parfois  le substrat d'un sillon étroit.

 Ce dernier apparaît entre les empreintes ou sur le côté de la voie.

 

 

Impression rat-musqué

Impression : PA à gauche, PP à droite

PA = (L) 2,9 x (l) 2,8 cm

PP = (L) 5 x (l) 3,76 cm

 

 

Poils

Détail de la frange de poils, faisant office de palmure.

 

Hutte de rat musqué

Hutte de rat musqué.

Dans les grandes roselières, le rongeur préfère l'édification de huttes au creusement des terriers. Ces dernières peuvent dépasser d'un mètre le niveau de l'eau et sont généralement établies dans des zones peu profondes. Roseaux et de phragmites les composent presque essentiellement, ce qui permet de les différencier de celles construites par les castors, élaborées elles, avec des matériaux ligneux. Elles sont  bien souvent arrimées à des souches flottantes ou des plateformes de bois pourrissant. Les issues, la plupart du temps sont aménagés sous le niveau de l'eau, favorisent la circulation des rongeurs sous la glace. La boue, élément permettant la cohésion de toute la structure, entre dans la composition de ces "édifices". Ils faut parfois plusieurs années pour que ces huttes atteignent leurs dimensions définitives.

 

Ébauche de hutte

Ces huttes restent parfois à l’état d’ébauche.

Couleuvres, oiseaux, les utilisent volontiers comme reposoir.

 

Plateforme de nourrissage

Plateformes de nourrissage.

Le rongeur consomme la base du végétal, riche en hydrate de carbone,

et composte le reste. 

 

Terrier de rat musqué 

Un terrier bien typique

avec ses issues sous-marines

 qui  permettent au rongeur

 de sortir en toute sécurité.

 

Crottier rat musqué

Moins bien formées que celle du ragondin.

Ces crottes sont souvent déposées en hauteur, sur une pierre,

une touffe d'herbe, une branche sortant de l'eau.

Elles sont parfois visibles au printemps

 

Moulage final

Moulage de l'empreinte.

 

 

Comparaison 1

Au gauche rat musqué adulte ; à droite  jeune ragondin.

Les dimensions des empreintes des deux animaux peuvent coincider.

Néanmoins, la palmure du pied postérieur du jeune ragondin est ici visible,

Alors qu’elle fait complétement défaut chez le rat musqué.

Enfin les griffes du rat musqué sont plus longues.

 

 

 

Le castor d'Eurasie, castor fiber

The Eurasian beaver.

 

Ce qui frappe lorsque l'on explore le pays du castor, c'est l'absence de traces exploitables. Malgré le poids important du rongeur, les bonnes impressions sont rares, car l'animal les efface en partie avec sa queue, ou à défaut avec une branche ou un rondin. Si la recherche des traces demeure donc une tâche particulièrement ingrate, celle des signes associés, elle, se révèle plus facile. Branches coupées, écorcées, arbre abattus ou en cours d'abattage, parsèment son habitat. Le castor sectionne, fractionne, piétine, traîne, écorce avec un réel enthousiasme et une remarquable pugnacité. Les essences qu'il préfère sont heureusement celles qui poussent rapidement, comme les représentants de la grande famille des salicacés*. Il ne dédaigne toutefois pas d'autres variétés et peut effectuer, à la faveur de la nuit, quelques raids dans les vergers . Des expéditions qui, bien entendu, desservent la réputation de notre bûcheron. Toutefois, notre castor indigène semble plus respectueux de l'habitat humain que son confrère du nouveau monde : le "canadensis". Ce dernier construit des barrages, des huttes pharaoniques, qui inondent parfois les routes et autres infrastructures. Notre castor européen tire son bonheur d'un simple terrier, auquel il ajoute parfois une petite touche végétale, à grand renfort de branches coupées. Parmi les "services" assurés par le rongeur, on notera également : le creusement de canaux pour pénétrer toujours plus loin à l'intérieur des terres, l'édification d'écluses artisanales pour en contrôler le niveau, ainsi que les fameuses "balises odorantes" humectée de castoréum. Une substance aux multiples vertus, utilisée entre autre, jadis, dans le traitement des femmes hystériques... (dixit : L'encyclopédie de Diderot et d'Alembert). En réalité le castoréum n'est ni plus ni moins qu'un vulgaire code-barres olfactif, une barrière contre les intrus.

PA : 5 doigts non palmés. Le doigt 1 est réduit et son impression manque parfois. Les griffes sont larges, rondes et émoussées, sauf celle du doigt 1 qui est plus pointue. La main présente, près du poignet, une buttée calleuse constituée de plusieurs éléments fusionnés. Cette dernière, accompagnée d'un doigt opposable, assiste probablement l'animal lors de ses activités d'écorçage. La "main" du castor est rarement visible dans la piste du castor car elle est souvent recouverte par l'énorme pied postérieur du rongeur.

PP : 5 doigts. Une palmure distale relie chaque doigt mais cette dernière n'est pas toujours visible dans la trace. Le pied du castor, de grande dimension, peut dépasser les 15 cm. Les griffes sont larges et rondes. La griffe du doigt 2, bifide, joue le rôle de peigne lors de l'entretien du pelage. Les doigts sont rarement tous présents dans l'empreinte ( dans ce cas confusion possible avec de grands oiseaux comme l'oie ou le héron)

La voie est remarquable par sa largeur : au moins 30 cm. Lors de la marche, les pieds postérieurs s'orientent vers l'intérieur. Les pattes peuvent laisser comme deux rails sur certaines coulées sous-marines, notamment celles qui rayonnent du terrier. Lors de la nage, seules les pattes postérieures et la queue sont utilisées, les antérieures restent plaquées le long du corps.

 

Empreinte de castor

A longueur égale, l'empreinte du castor est plus large que celle du ragondin.

La partie postérieure du pied est fortement évasée.

Elle peut être aussi large qu'une main humaine.

 

 

Comparaison ragondin castor

Comparaison de PP du castor et du ragondin de taille identique.

Chez le ragondin les griffes sont plus développées

et il possède en outre un doigt libre de palmure.

En condition normale, le talon du ragondin s'imprime rarement.

 

Doigts du castor

Les doigts du PP sont presque aussi larges que ceux d'un humain.

 

Coulée de castor

Les déplacements du rongeur

finissent par former des tranchées.

Il est très difficile de trouver des empreintes complètes.

Coulee castor20150418 154244

Un talon large et des griffes courtes

caractérisent l'empreinte du castor.

 

Trace de queue

La queue efface parfois partiellement  les empreintes,

  laissant une trainée large d'une quinzaine de centimètres

Un pied postérieur est encore visible sur le côté.

 

réfectoire de castor

Le rongeur traîne jusqu'à l'eau de nombreuses branches,

qu'il écorce ensuite en toute impunité.

Ces lieux sont appelés "réfectoires"

Ces garde-manger sont signe d'une certaine activité.

 

 

Ecorçage castor

Les rameaux de saules ou de peupliers,

sont soigneusement effeuillés puis écorcés.

Etrangement, les incisives laisse peu de marques.

Ces branches finissent immergées, ou dispersées par le courant.

Plus le bois mis à nu semble blanc, plus la branche est fraîche.

 

Peuplier

L'abattage des grands arbres favorise l'entrée de la lumière.

Ces derniers sont alors remplacés par de vigoureuses cépées,

ce qui contribue au rajeunissement de la végétation riveraine.

On assiste alors à la création des fameux pâturages à castor

 

Indices catsor

Les coupes effectuées par le castor à différentes hauteurs

nous renseignent  sur l’amplitude des crues

 

Coupe de castor

Pour différencier la coupe faite lors des travaux d'élagage de celle du rongeur,

Il suffit de passer le doigt sur la partie sectionnée pour apprécier le relief.

 

Abroutissement castor

Abroutissement opéré par le rongeur.

Curieusement, les variétés d'arbre les plus touchées

sont aussi celles qui se recèpent le plus facilement :

saules, peupliers, noisetiers, aulnes glutineux.

 

copeaux

Au pied de l'ouvrage reposent des copeaux de grande taille,

qui permettent d'imaginer à quelle vitesse et facilité ces arbres sont découpés.

Dimensions : (L) 8 x (l) 1,5 cm. (environ la longueur d'un pouce humain)

 

arbre abattu

Les arbres abattus, toujours liés à leur pied, peuvent être observés

jusqu'à 50-60 mètres de la "sainte rive" protectrice.

 

Tronçonnage

L'arbre est ensuite tronçonné en rondins plus manœuvrables

 

 

Rondin

L'un de ces rondins, ici complètement dépouillé, échoué.

Leur taille est variable mais le design "pointe de crayon" reste la marque de fabrique.

Les crues peuvent transporter ces rondins très loin de la zone occupée par les rongeurs

Dimensions : (L) 55 x (l) 7 cm.

 

Branches traînées par un castor

Les "coulées striées" du castor

Formées lorsque l'animal traîne les branches vers ses refectoires

 

Au pays du castor

En contre-partie de ses divers aménagements,

notre animal exige des eaux calmes et des arbres, 

ce que lui procurent les paysages ligériens.

Retour au Pliocène*,

le fracas des arbres s'écrasant au sol hante de nouveau les nuits...

 

 

Coulée

La forte corpulence du rongeur et ses membres courts

ne facilitent pas ses déplacements sur la terre ferme.

Aussi les coulées sont larges et la végétation vigoureusement foulée.

Un ravissement pour le pisteur néophyte.

L'allégresse n'est toutefois que de courte durée :

ces coulées relient paresseusement les différents chantiers... quelle équipée !

 

Arbre écorçé

Les arbres ciblés en priorité par le castor sont ceux qui possèdent une écorce délicate,

et dont le diamètre est inférieur à 20 cm.

Les gros arbres, que j'ai pu observer,

semblaient être écorcés au pied, puis délaissés.

 

 

Les laissées du castor

Les laissées ressemblent à de grosses boulettes de sciure compressées.

Elles sont très friables

Dimensions : (L) 4,5 x (l) 3 cm

 

 

 

Le putois, Mustela putorius

The European Polecat

 

Les traces du putois apparaissent dans tout type de milieu : champs, forêts, dunes, marécages, étangs,... L'habitat humain, s'il abrite quelque rongeur, attise la présence de ce mustélidé. Les zones humides s'affichent comme des endroits privilégiés, notamment lors du frai des anoures ; il concentre alors localement sa prédation. Très bon nageur, il laisse volontiers traces et indices au coeur des marais. Toutefois, lorsque le froid fige les eaux stagnantes des forêts inondées ou humides, le putois les boude. Même si ce carnivore solitaire risque des sorties diurnes, la nuit demeure son moment de prédilection et, il est capable de parcourir de longs trajets pour se nourrir.

PA : 5 pelotes digitales en forme de goutte d'eau mesurant environ 1 centimètre. Ces dernières sont prolongées par des griffes semi-rétractiles dont la longueur peut dépasser le centimètre. L'impression du doigt 1 peut être faible ou absente. Pelote interdigitale en forme de boomerang constituée de 4 éléments soudés, mesurant 1,5 cm dans sa largeur. Le doigt 3 est le plus long. La main du putois possède deux pelotes proximales qui peuvent marquer la piste dans certaines conditions (boue profonde, neige, déplacement rapide). Dimensions relevées sur une femelle de 800 gr : (L)4 x (l) 2,5 cm (griffes non incluses, pelote proximale comprise). L'impression des doigts est souvent décalée par rapport à l'orientation de la pelote médiane. 

PP : plus étroit que le PA, avec 5 pelotes digitales sensiblement plus petites. Griffes représentant la moitié de celles du pied antérieur. Dimensions : (L) 2,5 x (l) 2 cm (6 cm de l'extrémité des doigts, jusqu'au bout du tarse)

La voie : marche et bondit. La vitesse détermine l'amplitude de la foulée : 40 à 60 cm de long. La marche est une allure lente, consacrée à l'exploration. Le déplacement par bonds est l'allure la plus adaptée à la morphologie du mustélidé : colonne vertébrale longue et souple, membres courts, puissants et anguleux. La queue, bien que courte, peut laisser une marque dans certains substrats ou lors du bond. La piste du putois termine souvent sa course dans un terrier, une fissure. De jour, l'animal évite généralement de traverser de grands espaces découverts et lumineux. Il peut lui arriver de grimper dans un arbre mais ce comportement est exceptionnel.

Putois et furets laissent des empreintes impossibles à différencier sur le terrain. La présence de ce dernier dans la nature est heureusement accidentelle et concerne des individus échappés de captivité ou de campagne de furetage.

 

Trace de putois le long d'une haie.

On retrouve la conformation pentadactyle propre aux mustélidés :

 cinq doigts présents dans l'empreinte.

Sur sol dur, la marque laissée par le doigt 1 est souvent très discrète.

 

Putois 1

Au bond, la pelote proximale est parfois visible.

 

Traces de putois

Les griffes peuvent ou non figurer dans l'empreinte

selon la dureté  du terrain.

 

Impression de putois (femelle)

Le PP, en haut, est plus étroit que le PA.

 

 

 

Diposition des différentes pelotes digitales et interdigitales (PA).

Les pelotes digitales 1 et 5 sont très proches de la pelote médiane.

 

Au bond, le groupe d'empreintes s'assemble parfois sous la forme d'un rectangle

ou du lame de guillotine.

 

Putois au bond

L'animal au petit galop.

Martres, fouines, putois sont connus pour varier les voies au sein d'une même piste,

surtout lorsque terrain comporte de nombreux obstacles

Distance entre chaque groupe d'empreintes : 35 cm

 

 

Coulée de putois

Coulée de putois en forêt, en bordure d'étang.

Mars est un mois où le mustélidé y laisse de nombreux indices,

attiré par les grenouilles rousses qui s’amassent sur les sites de reproduction.

Après un hiver difficile, ces expéditions amphibiennes sont une aubaine pour le mustélidé.

 

 

La voie du putois, au bond, dans la neige,

 peut être confondue avec celles du lapin et de l’écureuil

Chez le lapin les pattes arrières sont plus grandes et le groupe d’empreintes forme généralement un Y

Chez l’écureuil, les empreintes ont tendance à dessiner V

 

 

 

Les pattes du mustélidé

A gauche l'antérieure ; à droite la postérieure.

Les griffes sont plus développées sur le PA.

 

Empreintes de putois

Moulage des empreintes

 

Crottes de putois

Les laissées du putois, de la martre et du vison sont très semblables.

Il est souvent nécessaire de chercher d’autres signes qui confirment leur origine.

Les crottes du putois sont plus ou moins vrillées suivant leur contenu et dégagent une forte odeur.

Dimensions : (L) 8cm x (l) 0.9 cm.

 

Laissees putois amphibiens

Visibles au printemps près des zones humides

ses laissées prennent l'aspect

tâches semblables à du goudron

Une alimentation à base d'amphibiens est 

à l'origine de ces dépôts noirâtres